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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

 Les condamnés

Les condamnés

Scott WIPPER

Avec Steve Austin, Vinnie Jones, Tory Mussett et Manu Bennett - 2007 - Metropolitan Filmexport

Les commentaires

chloé

Le 17/01/2009

bien contente que tu te sois remis à la plume... cela augure peut-être un retour du sacré mental dans nos locaux.
biz

Et ta critique ?




Après le succès de 300, le film de gladiateur revient en force. Donc si vous aimez voir des hommes virils, trempés par la sueur et le sang se foutre sur la gueule, ce film est fait pour vous. Et encore…


On critique souvent les producteurs de télévision quant à leur faculté de trouver les concepts les plus ignominieux pour nourrir un paysage audiovisuel. Le milliardaire dépeint dans ce long-métrage appartient à cette catégorie.

 

Si une personne normalement constituée tentait d’imaginer un mélange entre Koh-Lanta et Battle Royale, cela ne donnerait probablement rien. Mais pour un requin scatophage comme lui, il s’agit de l’idée la plus novatrice des dix dernières années. Face à un monde réticent à voir des condamnés à mort s’entretuer pour une possible échappatoire à une issue funeste, il décide de mettre son émission sur Internet, ultime territoire de liberté et vaste foutoir s’il en est.

On rassemble donc une pléthorique bande de psychopathes (en respectant scrupuleusement l’esprit du personnage fonction) sur une île déserte et on laisse mijoter à feu plus ou moins doux. Il se dégage bien évidemment un homme du lot, un innocent qui représente le dernier bastion de conscience puritaine dans ce monde de brute. Par souci de cohérence dans un film de survie en milieu hostile, on le recrute chez les marines dans la section " anciens catcheurs cannibales ".

Ce " héros ", ancien commando trahi par ses supérieurs alors qu’il se sacrifiait pour la nation, est issu du croisement contre-nature d’un ours et d’un mur de parpaing. Avec le retour de John Rambo au cinéma dans un opus plus sanglant qu’un reportage sur la fabrication industrielle du boudin noir, on peut se poser des questions sur le recours de l’Amérique à de tels modèles.

 

Pompant allégrement du côté de Running Man, d’Absolom 2022, voire de Fortress, cette bousasse amorale renvoie la vision d’une télévision poubelle dans laquelle tout serait permis, mais le propos se perd en oscillant entre la dénonciation et la complaisance.

Cette diatribe aphone de l’entertainment et de la manipulation médiatique tombe hélas dans l’ineptie la plus totale à force de pratiquer la même surenchère que le réalisateur tente de critiquer.

On revient quelques millénaires en arrière avec ces Jeux du Cirque pour adolescents attardés. La cruauté affichée va toujours plus loin sans connaître sa destination, notamment lors d’une séquence de viol hors-champ qui se termine en meurtre abject. Et lorsque la seule morale du film est d’accuser (indirectement) le spectateur de perversion s’il a aimé toute cette violence, on nage dans l'hypocrisie pour se noyer dans le ridicule.


Vincent Valat

© Etat-critique.com - 13/01/2009