Pierre Vilar est commandant de police à Bordeaux. Peut-être devrait-il en être autrement, mais il l’est toujours. Vilar est au bord du gouffre...
Sa vie a explosé quelques années plus tôt. Son fils de 10 ans a disparu, on n'a jamais retrouvé le corps – ce qu’il y a de pire –, son couple a explosé, et il s’est réfugié dans le boulot. Aucune vie à-côté. Vilar ne porte plus d’armes, sauf à la sortie de l’école de son fils, où il passe tous les jours guettant dans sa voiture l’homme qui l’aurait kidnappé et qui reviendrait sur ses traces.
Vilar va croiser un autre gamin, Victor, qui a découvert sa mère assassinée et qui a tenté de se suicider dans la foulée. Victor, sans famille, va se retrouver en foyer, Vilar ne va pas lâcher l’affaire : "Je ne te laisserai pas tomber". Leurs destinées – plus que noires – vont se croiser, pour le pire…
Après le lumineux L’homme aux lèvres de saphir, Hervé Le Corre revient au noir, il l’avait annoncé, et c’est de l’extra-noir : "D’habitude on patauge dans le sordide et le minable, mais là, je trouve ça triste, en plus", comme dit Vilar. Il n’y a pas une parcelle d’espoir, Le Corre vous entraine loin, avec son faux rythme, retrouvant Bordeaux et l’estuaire de la Gironde qui ne seront ni l’une ni l’autre une terre de bonheur. Même l’été qui est si tranquille dans le Sud-Ouest ne le sera pas… Alors préparez-vous, accrochez-vous et plongez, c’est fort et il ne faut pas s’en passer.
Christophe Dupuis
© Etat-critique.com - 01/11/2009