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Jeudi 24 Mai 2012Livre

 Les cerfs-volants de Kaboul

Les cerfs-volants de Kaboul

Khaled HOSSIENI

Traduit de l'anglais par Valérie Bourgeois Belfond, 2005, 383 pages.

Et ta critique ?




Afghanistan. Tout le monde connaît ce pays, de nom… De là à le situer sur une carte…


Nous voici donc plongés dans ce cet espace, curieux, attentifs. Deux enfants élevés ensemble et que tout sépare pourtant : l’un, Amir est fils de nanti ; l’autre, Hassan, le fils du serviteur. Une complicité de tous les instants réunit ces deux êtres si différents et pourtant si proches. Même si l’Afghanistan des années soixante-dix ne paraît pas idyllique pour tous, il n’en reste pas moins que ces deux enfants semblent heureux dans leur relation et dans leurs jeux jusqu’au jour où le nanti va faire preuve d’une lâcheté extrême.

Tout bascule et tout s’accélère, même si le fils du serviteur ne semble pas lui en tenir rigueur. A ce moment du roman, on sait déjà que c’est une longue expiation qui commence. Le temps passe, les soviétiques arrivent, Amir et son père s’exilent aux Etats-Unis. Un déclassement social difficile à supporter pour le père d’Amir mais le désir d’intégration est plus fort et la volonté de malgré tout garder le contact avec le pays perdu aident ces deux êtres dans leur nouvelle vie. Le temps passe mais la culpabilité reste.

Le père disparaît, Amir se marie avec  une déracinée, elle aussi. Les Russes sont partis mais les Talibans sont là. Pour quels changements ?  Hassan et sa femme, dépositaires de l’ancienne maison d’Amir, sont assassinés et laissent un orphelin. Il ne reste plus à Amir qu’à assumer sa culpabilité jusqu’au bout en allant chercher son « demi neveu », pris en otage par les barbus. Une question se pose à la fin de ce livre : peut-on jamais oublier ? La course finale et un sourire retrouvé, là où il croyait l’avoir perdu pour toujours, c’est une jolie fin, ou un début, au choix.

Les principaux intérêts de ce roman résident dans cette plongée dans l’histoire douloureuse de l’Afghanistan, dans l’empathie éveillée chez le lecteur pour tous les déracinés de ce monde, et dans l’analyse psychologique de la culpabilité du (anti)héros.


Daniel Mornat

© Etat-critique.com - 28/01/2008