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Jeudi 24 Mai 2012Livre

 Les bisons du Coeur-Brisé

Les bisons du Coeur-Brisé

Dan O'BRIEN

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Laura Derajinsky - Au Diable Vauvert - 364 pages

Et ta critique ?




Un écrivain fermier et propriétaire d’un ranch nous raconte comment il s’est lancé dans l’élevage de bisons. Son talent et l’intérêt qu’il porte aux autres et à la nature, rendent son livre magnifique et indispensable.


Dan O’Brien est un romancier américain, ami de Jim Harrison et dont plusieurs romans parus en France, peuvent être achetés dans la collection de poche 10/18. Les éditions Au diable Vauvert, en éditant Les bisons du Cœur-Brisé ont l’excelllente idée de nous faire découvrir une autre facette du bonhomme.

En France, la plupart des romanciers proviennent de deux catégories socio-professionnelles : les journalistes et les professeurs. Parfois, comme François Begaudeau, ils sont les deux à la fois. Rares sont les écrivains qui ont bourlingué, comme dirait Cendrars. Rares sont ceux qui, comme Dan O’Brien, peuvent parler de leur expérience et en faire le plus fabuleux des romans vécus.

Car Dan O’Brien, jusqu’à la fin du vingtième siècle, était fauconnier et éleveur de bétail, c’est-à-dire de vaches, dans les grandes plaines du Dakota du Sud. Son ranch peinant à survivre, il arrivait à O’Brien d’aller donner des cours d’écriture créatrice dans des universités, pour arrondir ses fins de mois.

Ce récit, plus passionnant et plus dense qu’un polar et vous tenant autant en haleine, raconte comment Dan O’Brien a eu l’idée de remplacer son élevage de vaches par un élevage de bisons. Et surtout, car O’Brien est un écrivain d’un rare souci écologique, comment il élève son troupeau de bisons, uniquement grâce au paturage. Les bisons ne se nourrissent que d’herbe et du coup leur viande est d’une saveur incomparable. O’Brien refuse que ses bisons soient engraissés artificiellement comme c’est le cas de beaucoup d’animaux dans des fermes industrielles.

Ce qui est incomparable, c'est la description minutieuse du cheminement qui mène O’Brien à se lancer dans cet élevage. Il porte une attention intense aux gens qui croisent son chemin : amis, camarades, voisins et sait bien rendre profond l’adage suivant : la vie est une grande aventure.

Effectivement, sous la plume d’O’Brien, la vie devient une aventure à laquelle même le lecteur a l’impression de participer. Une aventure où la fraternité, la mort et l’amour sont des cartes qui sortent du jeu.

Une fois le livre terminé, le lecteur a envie de serrer l’auteur dans ses bras, ce qui est tout de même rare. Il a envie de demander à l’auteur de lui raconter la suite. Il a envie de goûter un steak de bison et d’aller à Rapid City, où la compagne de l’auteur tient un restaurant qui fait tirer la langue d’envie.

Une fois le livre terminé, le lecteur se dit qu’il a été bête de lire aussi vite ce livre. On devrait mettre la pédale douce sur toutes les choses qui donnent du plaisir. Peut-être que cela nous permettrait de mieux les savourer.


Philippe Sendek

© Etat-critique.com - 06/07/2007