Georges Rémi, plus connu sous le nom d’Hergé, père de Tintin, aurait eu 100 ans cette année. Parmi les ouvrage lui rendant hommage, cette remarquable biographie en bande dessinée.
Disons-le d’emblée, Les aventures d’Hergé n’est pas à proprement parler une nouveauté. Déjà publiée en 1999, cette biographie dessinée par Stanislas réapparaît opportunément dans les bacs pour commémorer comme il se doit le centenaire de la naissance du créateur de Tintin, héros emblématique de la jeunesse occidentale depuis plusieurs décennies.
Et pour justifier pleinement cette réédition, les auteurs y ont ajouté deux épisodes de la vie de leur personnage central qui n’y figuraient pas précédemment. Le premier, daté de 1928, montre comment Hergé trouve la silhouette de Milou, inséparable compagnon de son petit reporter. Le second, millésimé 1953, met en lumière le rôle prépondérant de Jacques Van Melkebeke dans l’œuvre d’Hergé, et surtout son éviction fracassante des studios sur les conseils "avisés" d’une voyante qui avait mis le couple Rémi sous sa coupe…
Ce sont ainsi dix-huit courtes histoires qui, en autant d’épisodes, brossent à grands traits le portrait du "grand homme". De 1914 (le petit Georges a sept ans et s’avère être un enfant turbulent à l’imagination débridée) à 1983 (année de sa mort évoquée par une parabole de la scène inaugurale de L’étoile mystérieuse), Bocquet, Fromental et Stanislas présentent quelques événements déterminants de la vie de Georges Rémi. Le scoutisme, le journalisme puis le dessin, la rencontre de Tchang, l’occupation allemande, la rencontre avec Fanny (sa seconde épouse), le septième art, la rencontre de Warhol, la maladie et la mort…
Cette imagerie d’Epinal, volontairement aimable pour Hergé (les aspects les plus déplaisants du personnage sont soigneusement gommés), a tout de même le mérite de reconstituer quelques moments clés, genèse d’une œuvre marquante et universelle.
Ecrite par de bons spécialistes maîtrisant parfaitement leur sujet, et dessinée par Stanislas, fidèle zélateur de la ligne claire chère à l’école belge, Les aventures d’Hergé se déguste comme un bel hommage au maître. Il ne saurait toutefois dispenser le lecteur de la somme biographique que lui a consacré Pierre Assouline. La ligne y est claire également, mais infiniment plus complète et moins complaisante.
Joël Fompérie
© Etat-critique.com - 14/04/2007