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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

Les Rues de feu

Les Rues de feu

Walter HILL

Avec Michael Paré, Diane Lane, Willem Dafoe et Amy Madigan - CIC - 1984

Et ta critique ?




Un macadam rock western disait l’affiche de 1984. Un quoi ? Un gros bide, Les rues de feu reste un pur produit des années 80.


Pas encore producteur heureux de Piège de Cristal ou des Matrix, le géant hollywoodien Joel Silver a connu un cuisant échec après le succès miraculeux de 48 heures. Les rues de feu fut boudé par la critique et la presse. Le réalisateur Walter Hill sera enterré par ce film après de brillantes réussites, qu’il faudra réévaluer un jour. On va s’en charger en tout cas dans ses pages.

Des années plus tard, Les rues de feu est devenu un objet réellement vintage. On y croise des visages connus et vierges. Le héros a la tronche placide de Michael Paré qui jouera par la suite dans des milliers de petits direct to video.

Le charme de la jeune Diane Lane fonctionne déjà. La bouille comique de Rick Moranis s’impose à l’écran. On découvre surtout le grimaçant Willem Dafoe qui devient par la même occasion le nouveau visage du salaud de service.  Police Fédérale Los Angeles et Platoon feront de lui l’un des visages des années 80.

Cette petite bande se chamaille donc dans un film concept : un mélange de clip, de western et de film d’action… avec des blousons noirs et pas mal de lumières criardes. De déroutant, le film ne pouvait que connaître la déroute. C’est vraiment un mouvement stylistique particulier.

Walter Hill, passionné de séries B, se fait plaisir et avoue avoir pioché dans ses souvenirs de jeunesse pour pondre le scénario simple et efficace : Une belle chanteuse (Lane) se fait kidnapper par des vilains motards. Dans une ville sans dessus dessous, son ex, un ancien soldat va tout faire pour la sauver…

Et traverser des tableaux urbains délirants mélange du look fifties et de l’art naissant du clip. Le mélange submerge l’écran et déborde. Tout est exaspéré dans ce film. La romance est caricaturale. Les méchants sont d’un autre temps sur leurs grosses motos. Les scènes d’action sont réussies. La musique pue son époque (malgré la présence de Ry Cooder au générique).

Les rues de feu est un étrange film. Mais il se regarde comme un magnifique vestige des années 80. Il a des défauts qui sont devenus des qualités. Il y a une viscérale passion de la part du réalisateur pour son film. Il célèbre le cliché et le stéréotype. C’est peu être trop mais effectivement, il y a quelque chose de très rock’n’roll dans cette série B à redécouvrir. Vintage!


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 18/11/2010