Cette semaine on revisite quelques classiques parce que la rentrée ciné est vraiment anecdotique. On a un penchant pour la contradiction, on dit donc du mal d'un chef d’œuvre, Les Oiseaux.
En toute honnêteté, Les Oiseaux résiste très mal aux années qui passent. On veut bien imaginer qu’Alfred Hitchcock se soit essayé à quelques idées techniques avant gardistes en 1963 mais la peur que voulait réveiller ce film d’épouvante, s'est vite assoupie.
On ne disserte pas plus sur les effets spéciaux mais on s’arrête ici sur une grosse erreur de la part d’Hitchcock : Tippi Hedren. On connaît le penchant du cinéaste pour les blondes et son talent rare pour les maltraiter.
L’ancien mannequin prend cher dans Les Oiseaux ! Le réalisateur s’acharne sur la jeune actrice que l’on sent apeurée, réduite à un ersatz de Grace Kelly. Mais le spectateur tremble aussi devant son interprétation mécanique. La première mouette agressive a plus d’expression que cette pauvre comédienne.
Trois ans après Janet Leigh pour Psychose, Hitchcock s’acharne à faire tourner des bécasses plutôt risibles à l’écran. Hedren confirmera les limites de sa beauté avec Pas de printemps pour Marnie en 1964.
Les Oiseaux sonne la révolte du cinéaste contre son obsession pour les femmes. Refusant toute explication à la violence des oiseaux, en effaçant au maximum la musique, le réalisateur veut observer la peur la plus primitive et frontale. Il limite alors ses personnages à des fonctions. Il y a donc beaucoup de femmes dans son film mais elles sont toutes insupportables car fades.
Pour un homme, assez cruchon, elles se chamaillent, pleurnichent et font des yeux doux avant de se faire massacrer par des volatiles. La misogynie est à l’œuvre mais le plus dérangeant c’est qu’Hitchcock ne croit plus qu’à une chose : sa mise en scène.
Les oiseaux est donc un film épuré, assez élégant mais schématique. L’attaque des emplumés ne fait pas peur car les protagonistes sont épais comme une poignée de graines.
Cependant Les Oiseaux fut profitable à une personne : Veronica Cartwright. Toute jeune ici (la petite soeur du héros qui fête son anniversaire) la comédienne s’est faite une place dans le cinéma d’horreur avec son sens aigu du cri.
Elle la première victime féminine du monstre de l’espace le plus célèbre, Alien en 1979. Elle fut mutante dans L’invasion des profanateurs. Ce diable de Jack Nicholson ne lui fait pas du bien dans Les sorcières d’Eastwick. On la verra aussi dans Candyman et des nombreuses séries fantastiques comme X-files. D’une certaine manière, elle est la maman de toutes les scream queens depuis les années 70. Plus qu’une mouette riante, Les oiseaux nous a aussi donné une actrice hurlante !