Avec Zacharie Chasseriaud, Paul Bartel, Martin Nissen et Didier Toupy - Haut et court - 2 novembre 2011 - 1h23
Et ta critique ?
Des pieds nickelés en culottes courtes découvrent que la nature est belle et les hommes sont moches. Un conte décalé comme savent le faire nos voisins belges.
Les Belges ont la qualité de filmer la médiocrité sans misérabilisme. On se souvient avec émotion de l’excellent La Merditude des choses. Bouli Lanners, copain de la famille Groland, apprécie lui aussi scruter les marginaux, les mal-aimés et les doux dingues.
Après Eldorado, il transcende une fois de plus le plat pays pour inventer un espace de jeu sauvage et vert pour trois gamins abandonnés. Zack et Seth squattent la maison de campagne de leur grand père décédé. A 14 et 15 ans, ils multiplient les conneries pour passer le temps.
Ils rencontrent Danny, un adolescent du coin, maltraité par son grand frère. Sans argent mais jamais à court d’idée, les trois gamins vont tenter de récupérer quelques euros auprès d’un dealer nommé Bœuf. Il va leur mener la vie dure.
Car le monde est cruel. Les adultes ont des tronches patibulaires et se moquent bien de l’innocence des trois lascars. Le Monde est rude mais il est beau. Comme dans un conte, Bouli Lanners transforme la nature en terre d’aventures où les enfants pourront fuir la violence et l’imbécilité. Le propos est simple et particulièrement délicat.
Mieux qu’un épisode de Striptease, Bouli Lanners pose un regard tendre sur les petites misères, qui pourraient à tout moment tourner au fait divers. Les trois ados sont d’un naturel désarmant et Lanners nous promène dans une forêt riante où se cache même une fée sous les traits apaisées de Marthe Keller.
Le film ne fait jamais dans la mièvrerie. Les 400 coups sont teintés d’un humour noir judicieux. S’il n’a rien d’un géant, Bouli Lanners a un cœur gros comme ca ! Et on ne s’en plaindra pas ! L’automne est pluvieux, n’hésitez pas à vous abriter dans une salle de cinéma !