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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

Les Chemins de la liberté

Les Chemins de la liberté

Peter WEIR

Avec Ed Harris, Jim Sturgess, Colin Farrell et Mark Strong - Metropolitan Film export - 26 janvier 2011 - 2h14

Et ta critique ?




Après Master & Commander, le cinéaste Peter Weir continue de confronter l’homme à la Nature. Spectaculaire et intime !


Peter Weir fait preuve d’un courage rare : la durée est un thème essentiel de son nouveau film. Il n’est pas rapide et ultra découpé. Bizarrement Les chemins de la liberté est un film qui prend son temps. C’est inhabituel dans la production actuelle. Et ca fait du bien.

Car ce film historique va peu à peu se dépouiller de tous ses artifices. Ce n’est pas la première fois que Peter Weir nous fait le coup. Il aime profiter d’Hollywood pour jouer avec ses codes. Cela commence comme La grande évasion.

Dans un goulag, durant la Seconde Guerre Mondiale, quelques hommes s’enfuient et se retrouvent en pleine Sibérie. Ils n’approchent pas des petits villages. Ils veulent atteindre la frontière avec la Mongolie. Ils iront beaucoup plus loin… On a donc bien une classique évasion puis ensuite c’est la vraie aventure…

Déroutant, Weir s’échappe des sentiers battus. Pendant deux heures, des hommes et une femme vont marcher. Beaucoup marcher. Marcher jusqu’à la mort. Jusqu’à la liberté. Ils vont parcourir plus de 10 000 kilomètres. Ils partiront de Sibérie et s’arrêteront en Inde.

Qu’est ce qui a animé ces hommes ? La liberté. Un retour à l’état de nature. Une envie de vivre intensément. Se réaliser. Un désir de fuir le Monde en guerre. Chacun a ses secrets dans son bagage. Ils s’en débarrasseront en même temps que le superflu.

Durant deux heures, l’intime se déverse dans une spectaculaire randonnée. Les paysages sont magnifiques. Ca serait bien une erreur de voir ce film autre part qu’au cinéma. Avec simplicité, Weir nous promène dans des déserts dangereux et sublimes. Chaque frontière est le début d’un nouveau périple, d’une nouvelle souffrance et d’un nouveau décor.

On traine un peu trop dans le désert de Gobi mais Peter Weir sait nous faire ressentir l’endurance, le courage et la souffrance des fuyards. La mortelle randonnée est une épuration de tous les enjeux narratifs du cinéma moderne. Rapidement il n’y a plus de suspense. Il n’y a plus que cette folie de marcher. Cela donne une étrange aventure, qui par son culot poli, coupe le souffle !


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 29/01/2011