Christophe Honoré connaît ses classiques : Eustache, Garrel, Demy, Truffaut et compagnie. Il tente de leur rendre hommage dans une œuvre pompeuse où la musique est la seule respiration entre des choix maladroits et des références un peu trop lourdes. Les Chansons d’amour finissent mal en général !
Il y a un très joli moment dans le quatrième long métrage de Christophe Honoré. Chiara Mastroianni chante dans un parc en automne. L’image est belle, mélancolique et le visage de la comédienne renvoie à l’héritage familial si prestigieux.
Christophe Honoré sait aussi filmer Paris de manière originale, naturaliste et sans concession. On se croirait en promenade dans les recoins charmants que seul un parisien peu dégotté. Le charme de la ville est extrêmement bien rendu et on veut bien croire que le cinéaste a usé ses chaussures dans la capitale.
Mais c’est justement ce goût de Paris qui finit par devenir assez amer. Les chansons d’amour est un film qui se sait élitiste. Le réalisateur convoque les papes de la nouvelle vague et s’en nourrit jusqu’à l’écoeurement. Les comédiens prennent la pose. Le marivaudage s’apparente à un sitcom ampoulé où l’intervention de la comédie musicale serait la seule idée valable.
Car sinon, c’est l’éternel histoire du jeune homme qui comprend que les histoires de cul cachent des histoires d’amour. Louis Garrel et les autres comédiens sont tous très mignons mais en imitant les acteurs de Rohmer, on dirait les membres d’une boite de pub à la sortie d’un stage théâtre.
C’est d’autant plus dommage que certaines scènes sont remarquables, petits éclats de vigueur où le cinéaste capte tout l’effet d’une chanson d’amour sur nos esprits. Mais ils se noient dans un film trop parisien, trop « film français », trop sûr de ses qualités. Etrangement le film donne à voir un autre film : Tout le monde dit i love you de Woody Allen. Le Paris y est plus clinquant mais beaucoup plus passionné !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 29/05/2007