Pittau & Gervais nous font redécouvrir Les Brosses à dents. Un album de jeunesse qui brosse avec poésie le nouveau portrait de cet objet du quotidien. Un nouvel inventaire à la Prévert à lire sans retenue !
Pittau & Gervais ont une imagination débordante. En travaillant sur les objets et formes du quotidien ils parviennent toujours à créer d’autres formes, d’autres objets ou d’autres animaux. C’est Dingue prenait un animal et en lui associant un ou plusieurs objets, transformait cet animal en un autre. Un rhinocéros n’est peut-être visuellement qu’un hippopotame avec deux cornets de glace renversés sur le nez.
Ici, c’est aux brosses à dents que s’attaquent Francesco Pittau et André Gervais. Le principe est simple mais d’une efficacité exemplaire. Une brosse à dents est composée de poils et d’un manche. En y associant des métiers, des animaux, des humains, celles-ci se transforment par association d’idées. Un nouvel inventaire à la Prévert joliment illustré sur de grandes planches permettant d’observer pleinement ces nouvelles brosses imaginaires.
La Brosse à dents de l’homme a un léger appendice sur le bas du manche tandis que celle de la femme a une légère proéminence sur le haut. Celle de l’aveugle est noire et en relief pour pouvoir la « voir » les yeux fermés tandis que celle de l’homme invisible laisse une page blanche. Celle du lapin a des carottes à la place des poils, celle du peintre a des pinceaux, celle du boulanger a un manche en forme de baguette de pain, celle du malade est en forme de thermomètre. On vous laisse imaginer celle du pompier, du pédicure ou du dentiste. Celle des militaires, du pianiste ou de celui qui n’a plus toutes ses dents…
Pittau & Gervais réussissent à créer de nouvelles sources de langages avec des images de mots. Un livre pour les enfants dès 3 ans qui pourrait intéresser des parents qui auraient du mal à convaincre leur enfant de l’utilité de cet objet, des enseignants à la recherche d’idées poétiques sur le thème des dents, ou... des dentistes poètes ? !
Sébastien Mounié
© Etat-critique.com - 22/06/2009