Avec Tony Leung, Takeshi Kaneshiro, Zhang Fengyi et Zhao Wei – Metropolitan filmexport – 25 mars 2009 – 2h20
Et ta critique ?
Hollywood avait eu raison de lui : John Woo se refait une santé en Chine. Son film redonne du sens à l’adjectif « épique ».
Vous connaissez la grosse voix qui accompagne les bande-annonces américaines ? Celle que vous imitez dans les soirées entre amis ! Hé bien c’est cette voix virile et ample qui ouvre le nouveau film de John Woo.
Le problème c’est qu’il s’agit d’un film chinois. Que vient faire cette voix off anglaise dans une fresque asiatique ? Très vite, on devine que la version sortie en France des 3 royaumes est remontée pour le public occidental.
En Chine, le film dure plus de quatre heures. Il est réduit ici à moins de deux heures trente. Ce système de versions différentes agace car il empêche de pleinement retrouver l’un des grands visionnaires du cinéma.
Heureusement John Woo conserve même dans une version courte son sens légendaire du lyrisme visuel. La nuance n’est pas son fort pourtant sa mise en scène salue toujours l’humanité de ses personnages.
Les 3 royaumes raconte la plus grande bataille chinoise. 208 après Jésus Christ, l’empereur se fait manipuler par un belliqueux premier ministre, Cao Cao. Ce dernier veut s’en prendre au royaume du sud au nom de l’unification de l’Empire. Deux rois vont alors s’allier pour affronter la plus grande armée du Monde…
Les batailles promettent d’être titanesques et on n’est pas déçu. John Woo explique idéalement la stratégie des deux camps. La fluidité de ses images fait comprendre la complexité de l’offensive.
On regrette encore de ne pas voir l’œuvre dans son entier cependant Woo rappelle qu’il est un conteur hors pair. Une fois que l’on a fait le tri parmi les nombreux personnages, il parvient à bâtir une reconstitution saisissante.
Ca virevolte un peu trop pour être réaliste. Depuis ses polars hongkongais des années 80 (qui on changeait le film d’action profondément) l’emphase sert le cinéaste à célébrer les vertus les plus grandes de ses héros même s’ils sont du mauvais coté de l’histoire.
Au delà du sanglant spectacle de la guerre, la surprise vient de la compassion qui submerge le film. Comme le souligne le héros (parfaitement joué par le magnétique Tony Leung), si l’on se bat alors « on a tous perdu ».
On avait oublié cet étrange humanisme catholique de John Woo. C’est nettement plus intelligent que certains propos du Pape. Et c’est nettement plus divertissant. Les 3 royaumes a tout du spectacle total dommage que la vision de l’ensemble soit amputée !