Partir d’un conte pour enfants pour en faire une comédie de mœurs semblait être une bonne idée. S’enlisant dans des longueurs inutiles, le film perd beaucoup de son charme au final.
On se souvient tous de l’histoire de ces cochons qui fuient la précarité de leur habitation face à un loup à forte capacité pulmonaire. Point d’animal carnivore ici, juste le spectre de l’infidélité et la métaphore de la solidité de la maison pour parler de la cohésion du foyer familial. Mais les hommes restent quand même des porcs.
À la suite de l’hospitalisation de leur génitrice, trois frères au complexe œdipien prononcé se rendent régulièrement au chevet de la mourante. Séparés par les aléas de la vie, ce sera l’occasion pour eux de faire le point sur leurs mariages respectifs. Et de voir que malgré des méthodes différentes, certaines constantes sont universelles.
Notre premier cochon travaille dans le recouvrement de crédit. Son foyer ne résistera pas à une aventure extraconjugale avec l’une de ses collègues. Jeté à la rue, il se réfugie auprès de son frère. Délaissé par sa femme, le deuxième cochon s’adonne aux joies du sexe par écran interposé. Pris sur le fait, c’est la queue en tire-bouchon entre les jambes que nos deux compères iront chez l’aîné.
Le troisième cochon ne semble pas avoir de problèmes, surmontant les difficultés avec abnégation. De là à dire qu’on ne peut rien lui reprocher et qu’il soit érigé en modèle de vertu… il faudra voir le film pour le savoir.
Le réalisateur (que l’on a pu croiser dans le rôle du flic québécois dans Bon Cop, Bad Cop) est un habitué de la comédie. Très drôle, cette fable sur le démon de l’infidélité rappelle le Déclin de l’Empire Américain de Denys Arcand par sa liberté de ton (et par la nationalité évidemment). Pourtant, le charme n’agit pas autant.
Plus froids et détachés, les personnages n’attirent pas assez la sympathie pour suivre leurs aventures jusqu’au bout. Car la dernière demi-heure pousse franchement à la léthargie : les longueurs s’accumulent et finissent par rendre le récit trop lourd sans apporter de développements. Défaut que la construction en allers-retours, intéressante et relativement intuitive, n’arrive pas à compenser.
Même trop long, le film véhicule suffisamment de fraîcheur au milieu des superproductions estivales pour donner le change à ceux que les effets spéciaux n’impressionnent pas.
Vincent Valat
© Etat-critique.com - 18/08/2008