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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

Les 12 salopards

Les 12 salopards

Robert ALDRICH

Avec Lee Marvin, Charles Bronson, John Cassavetes et Donald Sutherland - 1967 -

Et ta critique ?




Classique du film de guerre et de commando, Les douze salopards est bien cela, mais aussi un peu plus.


Et oui, si Les douze salopards est un film célèbre, on ne peut en dire autant de la part de son réalisateur. En effet, du fait de son atypisme dans le système hollywoodien, Robert Aldrich est peu connu malgré des films comme En quatrième vitesse ou Vera Cruz.

Premier des metteurs en scène à produire ses propres films, il construit une œuvre qui lui ressemble, atypique. Aldrich aime les marginaux, les exclus du système, tels les clochards de Empereur du nord ou l’actrice déchue de Qu’est-il arrivé à Baby Jane ? Il s’amuse également à démonter les codes des films qu’il réalise, comme ceux du polar (En quatrième vitesse) ou du thriller politique (L’ultimatum des trois mercenaires). Là, Aldrich s’attaque au film de guerre, mais y appose sa patte.

Les douze salopards raconte comment des généraux planqués derrière leur cartes d’état-major, vont faire entraîner par un gradé rebelle (Lee Marvin) une bande de bidasses condamnés à mort ou à de longues peines.

Groupe composé entre autres d’un abruti (Donald Sutherland), d’un illuminé mystique (Telly Savalas), d’une grande gueule (John Cassavetes) et d’une brute (Charles Bronson). Entraînement dans le but d’une mission suicide, attaquer un quartier-général allemand en France occupée.

Mais Aldrich ne fait pas dans l’allégorie de la hiérarchie, du combat, de l’armée en général, au contraire le réalisateur expose tout son mépris pour ces valeurs-là. Ses supposés assassins ou bons à rien vont se révéler être des héros, et vont bien sur aller au casse pipe pour leur patrie sans que cette dernière ait un quelconque remord.

Malheureusement, Les douze salopards pêche par la trop grande longueur de sa première partie (celle de l’entraînement) qui se perd dans de trop nombreux gags censés illustrer l’anti-militarisme du film, et retarde de ce fait la séquence d’attaque du Q.G. allemand, dénouement violent à la mise en scène brillante.

En substance, Les douze salopards, malgré sa longueur, c’est du cinéma viril et réjouissant porté par une bande d’acteurs formidables, où éclate l’ironie propre à Aldrich ainsi que son irrespect pour les autorités.




Benoit Fontan

© Etat-critique.com - 30/04/2010