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Jeudi 24 Mai 2012Musique

 Leave Home

Leave Home

The RAMONES

(Warner - Archives Rhino)

Et ta critique ?




 

ONETWOTHREEFOUR ou comment les Daltons new-yorkais du rock enfoncent le clou avec ce deuxième album et nous réapprennent en 28 minutes à compter jusqu’à 4 sans se tromper.

 

Sans refaire la longue et controversée histoire du rock, il y eut, n’en déplaise à Malcom Mc Laren, et ce bien avant les Pistols, Clash, Sham 69, un vent de rébellion qui souffla d’abord du côté de la maison de l’oncle Sam. Les Stooges et les si anti-conformistes MC5 en furent les précurseurs et en constituèrent le fertile terreau. Les Ramones reprirent, à quelques années de distance, le flambeau, et peuvent être sans usurpation possible considérés comme les véritables Punks « primaires ». Attention, comme s’est évertué à le dire jadis, du temps de sa splendeur, Jacquot Premier à propos des vénérables arts primaires, primaires ne signifient pas ici simplistes ou rudimentaires mais bien « premiers ».

Premiers en effet à reprendre un nom à consonances toute Soul/ R&B à la Ronettes ou Supremes à la différence près que les perfecto, les tennis et les Hey HO Let’s GO ont remplacés les longues robes de soirées et le strass qui va avec.

Premiers à faire tenir 14 morceaux en moins de 30 minutes ce qui correspond à peu de choses près à un 45 tours de YES ou d’Emerson Lake & Palmer à la même époque.

Premiers a feindre une image de crétins aux cerveaux « substantiellement » ralentis (Carbona not glue), de teenagers généralement éconduits prématurément (I remember you, oh oh I love her so, Susy is a headbanger), d’adolescents boutonneux pervers sortis tout droit d’ « Orange mécanique » (Gimme Gimme shock treatment, You’re gonna kill that girl, What’s your game), de témoins à l’enfance plus que torturée (You should never have opened the door, Babysitter) mais aussi d’idéalistes rebelles et sincères (Swallow my pride, Pinhead).

Bien sûr l’effet de surprise imposé par le premier opus est passé, mais Joey, Johnny, Dee Dee et Tommy nous délivrent ici la confirmation cinglante qu’après les Fab4 et les Beach Boys, les Ramones demeurent bien leurs héritiers, certes les plus irrévérencieux, mais quelque part les plus loyaux dans l’esprit pop.

Sur ce… Gabba Gabba hey.

PS : ne passez pas à côté des somptueuses rééditions de Rhino. « Leave Home » est ici enrichi d’un concert au Roxy de Los Angeles de 1976, là même, où Michel Polnareff, notre « punk » hexagonal, commit son live du même nom une vingtaine d’année plus tard.

 


Stéphane Muller

© Etat-critique.com - 26/02/2007