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Jeudi 24 Mai 2012Livre

 Le vent qui gémit

Le vent qui gémit

Tony HILLERMAN

Rivages/Noir - Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Danièle et Pierre Bondil - 246 pages

Et ta critique ?




Un nouveau roman de Tony Hillerman qui met en scène le "légendaire" Lieutenant Leaphorn avec un bonheur toujours égal.


Bernadette Manuelito, Bernie, a le sentiment perpétuel d'être la recrue la plus inexpérimentée de la Police Tribal Navajo. Le sentiment ne cesse de grossir lorsqu'elle fait une grosse bourde (intimement liée au fait qu'elle soit la fille d'une famille de Navajos traditionalistes) lors de la découverte d'un cadavre dans un pick-up abandonné. C'est pourquoi elle décide de mener "son" enquête, "pour préserver ma dignité, pensa-t-elle. Pour restaurer le respect que je ressens pour moi-même. Pour montrer à ces crétins [le FBI] que je ne suis pas une débile". Bien qu'elle n'en soit pas certaine, elle peut compter sur l'appui de son chef, Jim Chee, même s'il n'arrive pas clairement à lui exprimer les sentiments qu'il ressent à son égard, et au "légendaire" Lieutenant Leaphorn qui va débarquer sur cette enquête qui concerne une vieille affaire, et une histoire de mine d'or… Et qui dit mine d'or dit cupidité et donc un des aspects les moins reluisants du comportement humain…

La force de Tony Hillerman est son perpétuel renouvellement. Il pourrait se contenter de reprendre le cadre et ses personnages sans les faire évoluer, faire 20 fois le même "polar ethnologique" dans le territoire Navajo, avec quelques belles descriptions et deux ou trois anecdotes, et ainsi plaire au plus grand nombre… Et bien non, tout bouge, tout évolue avec lui et il réussit la prouesse d'épater le lecteur à chaque fois. L'intrigue est bien trouvée (ah, le mythe du chercheur d'or), la "petite nouvelle" prend sa place parmi les enquêteurs et on sent qu'elle en prendra autour de Jim Chee, Leaphorn, débarrassé de son rôle de chef, commence presque à être bien dans sa peau, c'est un régal. Ajoutez-y le paysage somptueux (admirez la simplicité et la beauté des descriptions), les traditions Navajos et vous obtenez, encore, un magnifique roman de Tony Hillerman.



Christophe Dupuis

© Etat-critique.com - 24/05/2009