Venez donc écouter Le Termite et la Fourmi, la nouvelle fable scientifique du Palais de la Découverte de Paris. Une plongée ludique et impressionnante dans le monde des Hyménoptères et des Isoptères.
Dépaysement garanti. On entre rue Franklin Roosevelt à Paris dans un drôle de monde. On quitte le magnifique quartier du 8ème arrondissement pour entrer dans une société remplie d’ouvriers, de soldats et de reines. Ici chacun a son rôle. Pas de lutte des classes ! Que ce soit chez les termites ou chez les fourmis, pas question de 35 heures. La nature a du boulot pour faire survivre l’espèce, pas le temps de discuter. C’est encore le privilège de l’Homme que d‘avoir le temps de jouer les Cigales en s’amusant à observer la nature et en réfléchissant aux curiosités de la vie. Profitons-en ! Entrons ! On apprend toujours d’un plus petit que soi.
Amis Cigales, pour cela vous devrez passer dans une machine à rétrécir. On a beau être Cigale, n’entre pas qui veut dans le microcosme des insectes. On rencontre alors l’inspecteur Karapace (le Sherlock des Arthropodes) confronté à une situation-problème particulière qui servira de prétexte à une réflexion scientifique : le roi des termites a disparu !
Ce n’est pas au vieux singe qu’on apprend à faire des grimaces, Karapace sait mener l’enquête. On le suit volontiers dans son raisonnement exprimé à l’aide de schémas, dans des galeries qui projettent des films spectaculaires comme celui des bébés termites diffusé sur fond de boîte à musique, ou encore cet extrait de films des fourmis Magnans attaquant une termitière. On passe même par la cantine… une allusion à la culture de champignons faite par les termites. Une étonnante symbiose avec un champignon qui leur permet une meilleure assimilation des végétaux.
Le décor a été finement travaillé, et avec humour. On finit par entrer dans une salle tapissée d’écrans de télévision où un JT en dessin-animé nous apprend la disparition tragique du roi. Reportage de Slim Phasme et d’Ali Bellule, compte-rendu d’Anne Euton, résultats de l’équipe de foot en ligne défilante sous l’écran, les jeux de mots amuseront les plus grands comme les plus petits.
Puis on entre dans la loge royale où réside la reine. Une reine phylogastre visiblement prête à pondre un œuf toutes les deux secondes ! Il fait bon rester Homme… Un peu plus loin, nous apprendrons grâce à Karapace que le roi termite a probablement été enlevé par un humain. Une exposition se tient au Palais de la Découverte… Les scientifiques seraient-ils à l’origine de ce kidnapping ?
On bascule alors avec un intérêt nouveau dans un espace plus classique mais tout aussi intéressant. A partir de maquettes, on nous explique l’exposition géographique des termitières, les différences profondes entre ces deux insectes cohabitant parfois à quelques mètres. Plusieurs élevages de fourmis sont présents, notamment les oecophylles, capables de se fabriquer des nids comme les chenilles leur cocon, à partir de simples feuilles de plantes. Deux élevages de termites également.
On y parle par ailleurs de communication, de phéromones, de laboratoires et de cohabitation avec l’homme. Si l’aborigène australien voit chez le termite un vecteur d’imaginaire, d’autres y voient un prospecteur d’or ! Le termite remonte des minéraux de la terre pour construire sa termitière, quelques pépites suffisent aux chercheurs d’or pour présumer l’existence d’un nouveau filon…
En attendant amis cigales, n’hésitez pas à aller voir cette intelligente exposition, il suffit de voir bondir les enfants et les adultes d’un atelier à un autre pour comprendre que l’exposition est réussie. La touche artistique du début de l’exposition n’empêche pas la rigueur scientifique. Un bel équilibre est trouvé pour donner aux enfants le goût de la pensée scientifique et aux adultes la possibilité de voir les petites bêtes sous un autre visage ! A voir.
Sebastien Mounié
© Etat-critique.com - 26/02/2008