Je crois qu'il est de bon ton d'aimer Le temps qu'il reste : Le Monde, Les Inrocks, Charlie Hebdo, Marianne et tant d'autres le comblent de lauriers. Qu'il me soit permis de ne pas être dans le ton !
Évidemment, Elia Suleiman est sympathique. Et puis, il est touchant qu'il ait utilisé les carnets de résistance de son père et sa propre mémoire pour nous conter l'histoire des palestiniens qui ont bien du mal à cohabiter avec les israéliens.
Le propos résonne bien en France où l'on aime particulièrement les raccourcis et les histoires de méchants et de gentils. (Non je ne suis pas juif, et encore moins sioniste!).
Elia Suleiman raconte Israël et prend le parti d'en rire, mais d'un rire désabusé. Il construit son film comme une fable tragicomique illustrant l'absurdité d'une guerre lasse et infinie. Pour ce faire, Elia Suleiman réduit la mise en scène à une succession de plans fixes, et il utilise le silence, le silence des films muets à l'humour visuel mais désenchanté.
Elia Suleiman (qui tient un rôle important dans le film) se fait d'ailleurs la tête impassible et muette de Buster Keaton, tandis que Saleh Bakri, l'acteur incarnant son père a des faux airs de Chaplin (il ressemble à James Thierrée, le petit-fils de Charles Chaplin).
Si le père n'est pas causant, le fils l'est encore moins. Et l'un comme l'autre ne sont pas drôles du tout ! Il est frappant de voir comme Elia Suleiman multiplie les gags aigrelets qui tombent à plat tout le long du film. Tout au plus sourira-t-on nerveusement au bout d'1h45 d'un ennui désespérant.
Thibault Dablemont
© Etat-critique.com - 18/08/2009