Les Monty Pythons ont réfléchi en leur temps sur le sens de la vie. Une surdouée de l’animation s’interroge de manière tout aussi étonnante !
Tatia Rosenthal bricole des petits bonhommes en silicone pour les mettre en scène dans des drames quotidiens microscopiques dans la forme comme dans le fond. Il y a par exemple un ange. Il a plutôt un look de clochard, un discours au cynisme assumé et un mal fou à voler.
Il occupe en tout cas les journées d’un vieux monsieur, veuf inconsolable. Ce dernier fait souvent du zèle auprès de voisins agacés. Par exemple, il y a un adolescent attardé qui ne se remet pas d’une rupture amoureuse. On croise aussi un môme qui se prend de passion pour son cochon tire lire.
Dans l’immeuble, il y a surtout la famille Peck. Le père s’inquiète du destin professionnel de ses deux enfants. l’un drague une mannequin qui n’aime pas les poils et l’autre lit un livre sur le sens de la vie qui lui a coûté moins de dix dollars.
Ils se croisent tous, se désintéressent poliment les uns des autres mais pourtant partagent un même quotidien fait d’espoir et de désillusions. Cet immeuble est rempli d’angoisses existentielles et la cinéaste les met en scène avec humour.
L’animation image par image est très classique. Ces personnages imparfaits surprennent puis passionnent. Le petit miracle de l’animation a lieu : on se prend d’affection pour cette dizaine de personnages malgré les artifices voyants.
Hélas, la mise en place est un peu longuette. Le début est assez laborieux. On s’attend à un court métrage qui s’étire. Heureusement tout s’accélère dans une seconde partie enfin pétillante.
Petit objet atypique, Le sens de la vie pour 9.99 dollars évite finalement toute vantardise et impose une chronique inégale mais plutôt délicieuse.