La vie est assez terne pour Sartaj, "la quarantaine révolue, divorcé, inspecteur de police avec des perspectives de carrière plutôt médiocres"...
Il officie à Bombay, ville dantesque à la corruption généralisée, sous les ordres de Parulkar, flic adulé mais qui, pour d'obscures raisons politiques, va voir sa carrière interrompue. Sartaj se doute bien que sans le parapluie de Parulkar il ne sera vraiment plus rien.
Jusqu'au jour où une voix le réveille au téléphone pour savoir s'il veut avoir Ganesh. Ganesh, c'est le roi de la pègre, un parcours impressionnant, des appuis partout, jamais tombé et disparu de la circulation depuis plusieurs années.
Sartaj se rend à l'adresse indiquée et tombe sur Ganesh qui le raille à travers les murs de son bunker avant de se suicider. Pourquoi un tel geste? C'est ce que Sartaj, discrètement enrôlé par les services secrets (c'est que le Ganesh en tenait du monde) va tenter de savoir.
Bombay/Mumbai est le personnage omniprésent (et avec 26 millions d'habitants, cela en fait des facettes) de ce roman de plus de 1000 pages qui se partage entre l'enquête de Sartaj et le parcours - de jeune garçon à roi de la pègre - de Ganesh.
Qu'on soit en Inde, en Amérique ou ailleurs, les ressorts du banditisme sont tous les mêmes et ce qui fait la force de ce pavé c'est cette ville, son fourmillement et sa vie.
Christophe Dupuis
© Etat-critique.com - 01/12/2008