Adapté d’un roman pour enfants, ce film, pas dénué de qualités, sera sûrement la victime de sa campagne marketing le faisant passer pour un ersatz du Monde de Narnia alors qu’il n’a pas grand-chose à voir avec le reste de la production pour têtes blondes.
Après un générique joliment présenté, on ressent tout de suite l’effet Walt Disney qui produit le long-métrage. Une famille pauvre luttant contre l’adversité, l’apologie des valeurs de la famille et de l’amitié, le concept du mérite issu de l’effort, tout y est. Et après on se demande où Nicolas Sarkozy va chercher ses idées pour ses discours.
Un jeune garçon dont les talents artistiques rivalisent avec son mal être, voit arriver une jolie blonde dans sa classe. Ses talents à elle sont l’imagination ainsi que l’écriture et, elle aussi connaît la solitude. Le coup de foudre platonique est total. Nos deux amis vont se réfugier dans un monde imaginaire qui se construira au fil du temps, dans le seul but d’échapper au quotidien.
Ceux qui ont vu la bande-annonce trouveront l’« introduction » longuette. Pourtant le film n’est pas centré sur le monde imaginaire qui n’occupe même pas un tiers de la bobine, l’histoire étant principalement ancrée dans le monde réel. La caméra suivra les déboires des protagonistes, similaires à ceux que rencontre tout adolescent, ainsi que les échappées dans leurs psychés.
Il ne faut pas chercher le merveilleux ici, on est bel face à un drame psychologique qui ne correspondra pas aux attentes du jeune public. Ce dernier risquera de s’ennuyer ferme et ne se remettra probablement pas du dénouement dont le seul mérite est d’être totalement imprévisible.
Laissant un goût amer, ce téléfilm à gros budget made in Disney trouvera difficilement son public malgré de bonnes qualités : un scénario bien adapté du roman éponyme, des acteurs convaincants (à l’exception peut-être d’un Robert Patrick aigri et vieillissant qui recherche un cachet avant la période des prélèvements fiscaux), et une jolie photographie soutenue par de discrets effets numériques.
Promouvoir un film pareil en utilisant le succès d’Harry Potter & Co. relève de l’erreur marketing et de la cruauté tant les pauvres enfants qui assisteront à la projection finiront en larmes. A l’instar de l’Histoire Sans Fin, Le Secret de Terabithia est une fable morale sur le passage à l’âge adulte et sur le pouvoir de l’imagination. Adapté pour un public adolescent, il est regrettable qu’il soit vendu comme un conte pour enfants s’inscrivant dans la lignée des récits fantastiques qui se déversent sur les grands écrans depuis quelques années.
Vincent Valat
© Etat-critique.com - 26/03/2007