26 ans après, retour sur un double meurtre non élucidé. L'occasion pour William Bayer de faire étalage de son savoir-faire et de son talent dans un excellent polar.
Depuis qu'il est parti faire ses études supérieures, David Weiss n'a pas remis les pieds dans sa ville natale. A presque la quarantaine, il y revient pour couvrir un procès. Weiss est dessinateur judiciaire, une pointure dans son genre, qui n'a pas son pareil pour croquer un juge, une ambiance. Mais ce qui a motivé Weiss à venir n'est pas ce procès, mais une affaire non élucidée qui s'est déroulée 26 ans plus tôt lorsqu'il était gamin : Barbara Fulraine, riche et somptueuse divorcée et son amant, un prof du collège, ont été abattus dans une chambre sordide du motel local. Qui est le meurtrier ? "L'officiel" de Barbara, un gangster notoire ? Son mari, qui était en pleine procédure pour récupérer leurs deux fils ? Un autre ? Cette affaire hante Weiss, surtout qu'il en connaît quelques ressorts : son père, qui s'est suicidé cinq ans après ce meurtre, était le psychanalyste de Barbara, et il a gardé tout son dossier… Aidé par un flic dont cette affaire est aussi l'obsession, Weiss va tenter de résoudre ce mystère qui lui tient à cœur depuis si longtemps.
"Vois-tu, j'ai cru pendant des années, et je crois encore, que tout ce qui s'est passé - la rupture de mes parents, le suicide de papa, le fait que je porte aujourd'hui un nom différent de celui que j'avais à la naissance - avait un rapport, lointain ou direct, avec cette femme étrange dont je veux comprendre la vie et la mort : Barbara Fulraine, la victime du meurtre."
Excellent. Voici un adjectif qui convient parfaitement à ce nouveau polar de William Bayer. A travers différentes voix (rapport de police, journal du psychiatre, journal intime de la victime…), William Bayer dresse le portrait de cette femme énigmatique et emmène le lecteur sur ses traces et celles de son meurtrier. Tout est méthodiquement construit, l'histoire maîtrisée (on aurait pu se passer de la romance avec la journaliste, mais visiblement c'est une marque de fabrique de l'auteur), le rythme s'accélère à dessein… Il n'y a rien à redire.
Christophe Dupuis
© Etat-critique.com - 02/11/2008