Le mythe du vampire est sûrement le plus utilisé dans la sous-culture. Yves Swolfs est un nostalgique des films de la Hammer et des apparitions glaçantes de Christopher Lee. Sa saga est un grand moment de kitsch pas forcément voulu !
Vladimir Kergan n’est pas breton comme son nom le supposerait. C’est un vampire. Un vrai comme on l’imagine : une grande cape, des cheveux longs et noirs, un teint blafard et des dents pointues. Eternel, il s’en prend à de jeunes vierges aux formes généreuses et joue les dandys nocturnes lorsqu’il se mêle aux mortels. Il a un château lugubre et un sbire qui s’appelle Igor.
Mais il a un problème : la famille Rougemont. Ils ont le devoir de poursuivre la créature des ténèbres, source d’une malédiction familiale. De génération en génération, les Rougemont font tout pour anéantir le puissant vampire.
Les deux partis se pourrissent la vie et c’est ce que raconte Le prince de la nuit d’Yves Swolfs Ce dernier respecte toutes les conventions du genre. Jusqu’au ridicule. Avec un dessin très classique, l’auteur réalise une saga instantanément vieillotte.
On se croirait dans les pages d’un vieux Tintin ou d’un Pilote. C’est gentiment daté. On s’amuse devant l’érotisme exagéré avec des héroïnes aussi tragiques que pulpeuses. On rigole franchement devant l’inspecteur au look de Jean Gabin.
Surtout on s’agace devant le catalogue de stéréotypes complètement dépassés. Sur une terrasse, avec une menthe à l’eau et des biscuits, la lecture du Prince de la nuit réveille de vieux souvenirs, sur la découverte des vieilles bédés poussiéreuses dans un placard des grands parents. Pour la nostalgie, ca vaut le coup d’être lu.
Loin de toute mode, Swolfs se vautre dans les images d’Epinal et en période de farniente, ce n’est pas forcément un reproche !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 27/09/2008