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Jeudi 24 Mai 2012Livre

 Le parfum d'Adam

Le parfum d'Adam

Jean-Christophe RUFIN

Flammarion - 539 pages

Et ta critique ?




"100 heures pour sauver l’humanité. Le premier thriller écolo", proclame le bandeau promotionnel dans un graphisme tentant de suggérer que Le parfum d’Adam a quelque chose à voir avec les palpitantes 24 heures chrono de Jack Bauer…


Las, Paul et Kerry, les sauveurs du monde à la sauce Rufin jouent plutôt dans la catégorie du Club des Cinq que dans celle de la CIA.

L’idée de départ est pourtant intéressante, qui met en exergue la dérive de certaines organisations écologistes extrémistes (et ultra-minoritaires) dont le combat se focalise contre l’homme, prédateur de la nature et donc ennemi à éliminer. Mais pas n’importe quel homme. Le pauvre de préférence. Celui qui prolifère dans le tiers-monde et menace l’équilibre de la planète.

Après plus de vingt ans de sa vie consacrés aux ONG, du Nicaragua à l’Afghanistan, en passant par les Philippines, le Rwanda et les Balkans, on ne peut dénier à Jean-Christophe Rufin une expérience certaine. D’autant qu’à son expérience du terrain est venue s’ajouter celle des cabinets ministériels durant deux ans, passés auprès de François Léotard, alors ministre de la Défense, comme conseiller spécialisé dans la réflexion stratégique sur les relations nord-sud.

Ce n’est donc ni la compétence de l’auteur ni la pertinence de son sujet qui sont en cause, mais bien sa capacité à investir un genre plus complexe qu’il n’y paraît : le thriller. Faute de cette qualité indispensable, Le parfum d’Adam étire sur plus de cinq cents pages son aimable traque qui ressemble plus à un parcours de santé qu’à une lutte sans pitié pour déjouer un complot terroriste d’une ampleur inégalée.

Les indices tombent tout crus dans l’escarcelle des enquêteurs, les intuitions s’avèrent bonnes à tous les coups et, malgré la détermination des "méchants", pas une goutte de sang n’est versée en cinq semaines de traque acharnée… On se croirait dans une nouvelle aventure de ce bon vieux Langelot (Bibliothèque Verte) que les moins de quarante ans ne peuvent pas connaître !

Les sept pages de postface et l’entretien accordé début janvier au Monde 2 auraient suffi à nous sensibiliser à la problématique développée dans ce pavé trop fade pour être crédible pour un lecteur âgé de plus de quinze ans. Si le sujet vous intéresse, voyez plutôt du côté de T.C. Boyle (Un ami de la terre, Grasset), Nicholas Evans (La ligne de partage, Albin Michel) ou revisitez John Le Carré (La constance du jardinier, Seuil).


Joël Fompérie

© Etat-critique.com - 13/03/2007