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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

 Le monde de Narnia: le prince Caspian

Le monde de Narnia: le prince Caspian

Andrew ADAMSON

Avec Anna Popplewell, William Moseley, Ben Barnes et Sergio Castellitto - Walt Disney - 25 juin 2008 - 2h23

Et ta critique ?




Le succès commercial du premier opus appelait fatalement une suite. Mais celle-ci a le bon goût de conserver ce qui était de qualité en changeant le reste.


De retour en Angleterre après leurs aventures au royaume de Narnia, nos quatre orphelins regrettent le temps passé et leur condition royale. Rappelés par un prince déchu, ils découvrent que plusieurs siècles se sont écoulés et qu’ils vont se retrouver une nouvelle fois face à une guerre imminente.

On avait reproché à Andrew Adamson d’avoir réalisé, pour Walt Disney, un film mièvre et académique qui pêchait par orgueil artistique et surenchère numérique. D’autant plus qu’il s’agissait du créateur des deux premiers Shrek, dont on pouvait attendre beaucoup mieux

Peut-être s’était-il contenté de répondre à un cahier des charges volumineux pour en arriver à copier sans originalité la trilogie du Seigneur des Anneaux par Peter Jackson. Certes, Tolkien et Lewis (dont est adapté l’univers de Narnia) furent très proches (littérairement et personnellement) mais le rapprochement n’était pas nécessairement opportun.

Le rapport de force a dû changer, car nous ne sommes plus du tout devant la même expérience. Le pathétique a disparu au profit d’une dialectique plus sombre et violente. Mais ce qui est le plus marquant, c’est un second degré omniprésent et un humour salvateur qui parviennent à renverser le cours de la narration.

Quel bonheur d’être surpris par des choix inattendus risqués qui donnent une saveur si particulière à l’aventure ! Pour une fois qu’un réalisateur arrive à imposer sa vision dans un tel blockbuster.

Certes, les traditionnels actes de bravoure et les batailles répondront présents, mais bien mieux mis en images qu’auparavant et surtout avec un style plus personnel. Le rythme n’est pas en reste, réduisant au strict nécessaire les temps morts. Pas la peine de revenir sur des personnages ou un univers qui ont déjà été présentés, si ce n’est que par quelques clins d’œil.

Je ne saurais que trop vous conseiller d’aller voir ce film, que vous ayez des enfants ou non. Et si vous craignez de ne pas comprendre, il n’est pas indispensable de s’infliger le premier volet. Même le metteur en scène n’y fait que très peu allusion. Par honte certainement.


Prince Valat

© Etat-critique.com - 01/07/2008