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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

 Le journal d'une baby sitter

Le journal d'une baby sitter

Robert PULCINI

Avec Scarlett Johansson, Laura Linney, Paul Giamatti et Nicolas Reese Art - TFM - 14 mai 2008 - 1h44

Et ta critique ?




La comédie avec de riches blancs en milieu urbain revient sur les écrans (avec son quota de minorités visibles, rassurez-vous). Au programme de cette comédie maternante qui se laisse regarder… pas grand-chose en fait.


Il est parfois rassurant de voir que les préoccupations estudiantines sont les mêmes des deux côtés de l’Atlantique. Alors que les enfants désirent faire des études pour devenir archéologue ou anthropologue, les parents rêvent de voir leur progéniture dans un grand bureau en haut d’une tour.

La perspective de se muer en corbeau dans le quartier financier d’une grande capitale ne semble pas remporter les suffrages d’une jeunesse idéaliste.

C’est le cas d’Annie, notre héroïne, qui rêvait d’observer les peuplades les plus reculées de notre chère planète mais qui doit se rabattre sur la faune occupant la presqu’île de Manhattan.

Histoire d’occuper son temps entre sa copine belle et libre (Alicia Keys faisant dans l’antagonisme fonctionnel et transparent) et sa maman qui a de l’ambition pour deux, elle va accepter un contrat de nounou à 168 heures par semaines pour une mère maniaco-dépressive et cocufiée par son financier de mari.

On passera sur les différentes étapes du parcours professionnel chaotique de la garde d’enfant, sa romance accessoire avec un bellâtre sorti d’une publicité pour du gel capillaire et sa révolte contre une société qui a perdu les valeurs familiales fondatrices.

Devant cette variation de Sex and the City quinze ans après, qui s’étend quand même sur les trois-quart du film, on finit par s’ennuyer. Pourtant, le début ne manquait pas de cachet. Mais c’est un peu court.

La vision anthropologique de la jungle new-yorkaise et des espèces qui la fréquentent est agréable, bien que stéréotypée. A l’image de ce long-métrage qui, visuellement, a de la suite dans les idées même si elles n’aboutissent pas toutes.

Comme dans cette scène marypoppinsienne (du nom de ce long-métrage sur une nanny anglaise amoureuse d’un ramoneur) sur la musique de La Chèvre (oui, le film avec Pierre Richard).

 

Bien parti, le réalisateur plombe son histoire de facilités, de raccourcis et de conventions inutiles. Les quelques fulgurances du récit, qui surnageront par moments, ne parviendront pas à relever le niveau à l’instar de la conclusion, bien que sympathique, qui réveille un spectateur qui aura fait un rêve agréable au final, même s’il ne s’en souviendra pas longtemps.


Vincent Valat

© Etat-critique.com - 13/05/2008