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Jeudi 24 Mai 2012Livre

 Le jeu de l'ange

Le jeu de l'ange

Carlos RUIZ ZAFON

Robert Laffont - Traduit de l'espagnol par François Maspero - 536 pages

Et ta critique ?




Pour tous ceux qui ont aimé L’ombre du vent, le nouveau roman de Carlos Ruiz Zafon est une cruelle déception.


Cet épais salmigondis raconte le parcours de David, un jeune écrivain Barcelonais dans les années 20 du 20e siècle. Parti de rien, élevé dans la misère, David devient journaliste puis romancier. Il écrit des romans gothiques ou grand-guignol qui mettent en scène son imaginaire enfiévré.

Au moment où une réussite relative pointe le bout de son nez, ce bon David accepte de signer un contrat avec un bien étrange éditeur qui jamais ne cligne des yeux (vous saisissez le symbole ?). Il doit écrire un livre qui finira par le dévorer. Et le plonger dans une spirale d’histoires à faire trembler ceux qui ont peur dans le noir.

Il y avait dans L’ombre du vent, un souffle de roman d’apprentissage, quelque chose de grand qui pouvait être un croisement de Balzac et de l’imaginaire sud-américain. Ceux qui l’ont lu, en gardent encore sur le bout de la langue le gout du romanesque.

Rien de tel ici. Ruiz Zafon s’est métamorphosé de maitre-queux en cuisinier maléfique. Il était capable des alchimies les plus subtiles. Aujourd’hui sa seule règle, c’est : toujours plus, encore plus. Prenez des tripoux, de la confiture de coings, du kouglof et mélangez.

C’est un roman qui ne dit rien d’intéressant ni de neuf mais qui le dit dans une débauche de cuivres, trompettes, cymbales et castagnettes. On a l’impression d’entendre beaucoup de bruit pour rien.

Lire ce livre jusqu’au bout est une épreuve où alternent les scènes censées nous glacer les sangs avec des tunnels narratifs pleins de redites.

Que de tunnels !

Mieux vaut lire un autre roman espagnol : Le Mystère de la Maison Aranda (Editions Phebus) , par Jerónímo Trístante, qui vous transporte au 19e siècle à Madrid, sur les pas d’un jeune Sherlock Holmes. Vous y trouverez tout ce qui manque à Ruiz Zafon : de la profondeur et du mystère.


Philippe Sendek

© Etat-critique.com - 09/10/2009