Peut-on rater un plat avec une recette éprouvée (pour le meilleur comme pour le pire), de bons ingrédients et une cuisson correcte ? Il faut croire que oui car le résultat ressemble plus à de la restauration rapide qu’à de la grande cuisine.
Kate est belle et très bonne cuisinière. Si dans ce cliché machiste parfait elle ne s’est pas trouvé de mari, c’est que son métier de chef dans un grand restaurant lui prend trop de temps. Loin d’être frustrée, elle se satisfait de sa condition de femme du XXIème siècle qui s’épanouit dans son travail. Mais cela ne va pas durer.
Un tragique événement va la forcer à revoir complètement son mode de vie avec une petite fille orpheline et un cuisinier très mâle dont le charme n’a d’égal que le talent. Formeront-ils une famille soudée qui saura résister à l’adversité ?
Puisqu’il ne faut pas s’attendre dans une comédie romantique à une invasion de morts-vivants ou à une catastrophe nucléaire provoquée par des terroristes hargneux, autant l’avouer, tout se termine bien pour cette femme indépendante qui réalise que la compagnie d’un homme manque cruellement au tableau d’une vie bien remplie. Finalement le XXIème siècle était un peu trop avant-gardiste pour Hollywood.
Face à cette soupe insipide qui nous est servie, on se demande quel est le commis maladroit qui n’a pas suivi la recette. On ne peut pas en vouloir aux acteurs qui montrent leurs jolis minois en récitant leur texte, au réalisateur de l’excellent Shine ou au film allemand dont ce goût de la vie est le remake (encore un, quelle surprise).
Peut-être est-ce le spectateur qui, las d’avaler toujours la même chose, sent que cette fois la régurgitation est proche. Ou peut être est-ce simplement le service minimum de tous ceux qui ont mis la main à la pâte qui donne ce goût fade.
L’impression de déjà-vu domine et les scènes s’enchaînent dans un classicisme déprimant pendant presque deux heures. Les bons sentiments perdent de leur saveur à force d’être incorporés à longueur de temps pour soutenir une intrigue qui se serait effondrée autrement. Les plus grand cuisiniers vous le diront : le soufflé est l’une des choses les plus difficiles à réaliser. Là, ça sent le raté.
Vincent Valat
© Etat-critique.com - 11/09/2007