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Jeudi 24 Mai 2012Livre

 Le fait du prince

Le fait du prince

Amélie NOTHOMB

Albin Michel - 170 pages

Et ta critique ?




Chaque année, rentrée littéraire oblige, l’écrivain belge nous sort sa dernière création littéraire. Ses millions de fans l’attendent. Mais cette fois, ils doivent être un peu déçus.


Chaque année, en septembre, Amélie Nothomb sort son dernier opus, attendu, espéré, désiré de ses nombreux lecteurs à travers le monde. Et de son éditeur, forcément, qui n’hésite pas à en tirer des centaines de milliers d’exemplaires dès le début.

Le gros problème, c’est que ces œuvres à cadence annuelle sont inégales. Si son ouvrage de l’an dernier fut un régal, le précédent était très décevant. Et Le fait du prince, alors ? La cuvée 2008, est-ce un bon cru ? Si l’on veut... Il y a mieux. Il y a pire aussi.

Quelques jolies phrases, quelques trouvailles verbales, une histoire surprenante et parfois oppressante, qui rappelle Les Catilinaires. Et toujours le même choix de patronymes improbables, le même humour décalé, les mêmes trouvailles déjantées qui n’appartiennent qu’à cet écrivain à l’univers si particulier, qui a le don de dégoter situations improbables et personnages ahurissants.

Soit, mais cette fois l’ouvrage est un peu poussif. Et la jolie couverture de Pierre et Gilles (excusez du peu), comme l’incroyable couverture médiatique, n’y font rien. On est déçu.

Pourtant, l’idée du départ aurait pu être diablement bonne et prêter à de multiples confusions. Imaginez : un monsieur suédois que vous ne connaissez pas vient téléphoner chez vous et y meurt sans prévenir, le combiné  à la main. Que faire ? L’emmener à l’hôpital ou appeler un taxi et faire croire qu’il a un malaise pendant le trajet ? Ou encore endosser son identité ?

L’auteur choisit cette troisième solution. Mais les choses se compliquent : le mort n’était pas vraiment en panne de voiture, semblait connaître son hôte, et celui-ci ne rencontre aucune difficulté à vivre sa nouvelle vie, dans laquelle le Champagne occupe une grande place. Pourquoi pas…

Malheureusement, on reste sur sa faim, Amélie Nothomb ne nous tient pas suffisamment en haleine, nous intrigue sans nous surprendre totalement. Et, pour finir, ses références et jeux de mots, ses subtilités littéraires habituelles, ne sont pas au rendez-vous. Amélie s’essouffle et l’on s’ennuie.

Reste une chose à la fin du roman : l'envie terrible d’une bonne coupe de Champagne…


Marie Léon

© Etat-critique.com - 31/10/2008