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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

 Le fabuleux destin d'Amélie Poulain

Le fabuleux destin d'Amélie Poulain

Jean Pierre JEUNET

Avec Audrey Tautou, Mathieu Kassovitz, Rufus, Isabelle Nanty - UFD - 25 avril 2001 - 2h

Et ta critique ?




Nanars, chefs d'oeuvre, séries B, curiosités... Etat Critique vous offre une rétro de la décennie écoulée tout en dvd. On s'offre un détour par Paris, sans grisaille et sans problème!


En s’installant à Hollywood pour un nouvel épisode de la saga Alien, Jean Pierre Jeunet prouvait que son inspiration subsistait malgré l’absence de son camarade, Caro.

De retour en France, il continue de montrer des qualités de conteur hors pair. Il est aussi à l’aise dans l’espace que dans les rues de Paname. Le fabuleux destin d’Amélie Poulain est pétri d’une fausse humilité ! Le sujet se veut simple mais la générosité visuel de l’auteur reprend très vite le dessus.

Tant mieux. Car Amélie Poulain pourrait agacer. Petite parisienne, elle ressemble à une version light d’Arletty. Audrey Tautou est charmante mais elle risque de tomber dans la niaiserie, si elle n’était pas retenue par Jeunet.

En gros, la jeune femme solitaire veut faire le bien autour d’elle. L’histoire n’est qu’un moyen. Les mésaventures parisiennes d’Amélie ne servent qu’à des pirouettes narratives. Jeunet fait la synthèse de son univers baroque et multiplie les idées sans faiblir.

On accuse souvent ses images de sortir d’un cahier des charges de publicitaire. On lui reproche une vision réactionnaire, célébrant une esthétique du passé, ripoliné au numérique. Jeunet n’est pourtant pas un technicien habile du cinéma. Ce n’est pas un cinéaste nuancé, certes. Technicien, Jeunet magnifie ses personnages, même s’ils sont simples ou simplistes.

Autour d’eux, il fabrique un style virevoltant autour de joyeux loufoques : on appréciera le papa d’Amélie, qui s’étonne de voir son nain de jardin lui envoyer des cartes postales, le vieil homme qui peint, les habitués d’un bar ou l’odieux gérant d’épicerie.

Jeunet tourbillone autour d’eux et assume les images d’Epinal en ressuscitant un Paris tout en zinc et gouaille. Comme dans ses précédents films, l’humanisme de Jeunet transcende la technique du film.

Le film est une invitation et c’est pour cela que ce fut un succès mondial. Jeunet soigne son bestiaire humain et nous propose de se foutre du réalisme, d’oublier le quotidien, de rêver et de fabuler. Il faut pas refuser cette carte postale si élégante !


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 17/03/2009