Avec le printemps reviennent les comédies romantiques qui fleurent bon le sentiment dégoulinant. Après avoir réalisé Miss Détective, navet à la gloire de Sandra Bullock, Marc Lawrence nous sert une bluette qui sent le réchauffé mais qui remplit son rôle.
Comme le titre l’indique, le come-back (discipline commerciale pour l’industrie musicale consistant à utiliser les théories de Kondratieff sur le radotage de l’Histoire afin de rentabiliser des artistes croupissants) est à la mode. Malheureusement ce sont les années 1980 qui tiennent le haut du pavé donc ressortez vos vestes à épaulettes XXL et vos perfectos, les sonates Bontempi à jouer à un doigt vont résonner dans les chaumières.
Pas besoin de s’appeler Cure, Tears for Fears ou Indochine pour réussir à s’imposer dans le XXIème siècle. La preuve en est qu’Alex Fletcher du groupe Pop ( ersatz de Wham! sans Georges Michael) se voit offrir la chance de travailler pour le clone de Britney Spears avant sa période mère modèle/crâne rasé, et mettre fin aux animations dans les parcs d’attraction et les festivals de has-beens. Le travail d’écriture étant complexe, seule l’aide apportée par une écrivaine prostrée par son manque de confiance en elle peut être salvatrice. Du moins à Hollywood !
Ce come-back pourrait faire un parfait navet formaté pour un public qui aime sa guimauve par procuration s’il n’était pas servi par Hugh Grant et son sourire dévastateur ainsi que par Drew Barrimore et ses rondeurs. Le couple fonctionne à merveille même si l’ensemble reste très convenu. Le quadragénaire issu de la perfide Albion nous sort quelques belles perles de cynisme, l’américaine fait son numéro de fausse ingénue et on a même le droit à une belle représentation de la chanteuse adolescente au déhanché provocant dans toute sa splendeur par Haley Bennet qui s’en sort avec les honneurs pour un premier film.
Même s’il manque cruellement le charme typiquement british des comédies romantiques dont le beau Hugh a le secret (Quatre mariages et un enterrement, Coup de foudre à Notting Hill, Love Actually), à se demander d’ailleurs s’il fait autre chose de sa carrière, le film se laisse regarder plaisamment même si vous préférerez vous tourner vers les films précités si vous ne les connaissez pas déjà. Pour la critique de la musique yoghourt avec des vrais morceaux de Hugh Grant dedans, je ne saurais que trop vous conseiller American Dreamz de Paul Weitz beaucoup plus intéressant à cet égard.
Vincent Valat
© Etat-critique.com - 14/03/2007