Le coeur des hommes, second du nom, entraine le spectateur vers le sommeil des justes. Le muscle est très faible malgré la bonne volonté de ses comédiens.
Jean Pierre Darroussin joue parfaitement le boucher triste. Manu, son personnage, est marié à une douce iconoclaste mais il aime la femme d'un collègue. Le comédien sait parfaitement doser la larme qui provoquera l'empathie.
Gérard Darmon est ce que l'on appelle à la télévision, un bon client. Jeff lui ressemble. C'est une grande gueule, occupée entre sa jeune compagne, sa fille et ses trois copains, qu'il soutient avec un cynisme à toute épreuve. Darmon excelle dans l'exercice.
Bernard Campan n'est plus un Inconnu. Il a prouvé qu'il savait jouer des choses plus graves. Antoine, son rôle dans Le coeur des hommes, montre cette évolution. Drôle, Antoine reçoit une flèche dans le coeur et craque pour une jolie bijoutière.
Enfin, il y a Marc Lavoine. Alex, son personnage souffre d'une libido qui met en péril son mariage. Il fait tout (et n'importe quoi) pour que sa femme pardonne ses 400 aventures. Alex comprend que la vie n'est pas qu'une grande partie de jambes en l'air et Marc Lavoine mérite un césar pour ses yeux mouillés lorsqu'il prend conscience de sa bétise.
Les quatre acteurs sont sympathiques. Leurs faiblesses sont comprises de tous mais leur amitié transcende tout, même leur lacheté. Cela ressemble aux films d'Yves Robert comme Un éléphant ca trompe énormément: l'amitié, c'est un art de vivre.
Le propos est inattaquable. Pourtant Marc Esposito filme cela avec une énergie proche de celle d'un escargot en hiver. C'est d'une mollesse incroyable. Même un épisode de Derrick semble plus rythmé. Les dialogues sont croustillants mais la mise en scène fait penser à un flan.
Le film en devient ennuyeux car sans imagination. La truculence des quatre n'arrive pas à cacher les carrences du film. Gonfler un téléfilm en vrai film de cinéma, c'est peut être cela l'exception culturelle française.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 26/10/2007