Cette semaine, Etat Critique s’intéresse aux têtes à claques de la musique française. On débute par le petit choriste aux chansons aussi inoffensives qu’une glace à la praline.
Renan Luce est une machine à remonter dans le temps. Ce jeune homme nous envoie dans une douce nostalgie qui hante l’art populaire français : Ce type écrit des chansons en sépia. Il est poli. Il est tout sourire et il l’avoue dans cet album au hasard d’une chanson nantaise, il n’est pas audacieux.
Son premier essai était très sympathique avec des chansons légères et pas idiotes. Le second épisode est volontairement rétro. En gros, c’est le gang du drugstore sans les cigarettes, la révolte et les premières fois douloureuses.
Renan Luce, c’est l’éternel optimiste. Ca n’est pas désagréable mais ce disque ressemble à une rêverie idéale et conventionnelle. La musique ne tente rien et le chanteur a visiblement composé ses nouvelles chansons sous l’emprise du diabolo menthe.
Sa voix susurre la joie de vivre et les joyeuses étapes de la (jeune) vie. Il sautille joyeusement comme un schtroumpf. Il célèbre les trente glorieuses : pour une fois, on croise un trentenaire heureux.
Luce apparaît comme un incorrigible heureux. Hélas d’un point de vue musical, c’est d’une pauvreté ennuyeuse. L’orchestration est enthousiaste mais calibrée pour les radios.
C’est débonnaire. C’est tout rond. C’est tout mignon. Renan Luce devrait se lancer dans la chanson pour les enfants. Il serait doué. D’ailleurs la chanson On n’est pas à une bêtise près est le générique du film Le petit Nicolas. Le lien avec l’univers de Sempé n’est pas contre nature.
Les deux styles sont vintage. Mais Sempé possède une expérience plus crédible et un talent subtil. Pour l’instant, Renan Luce est un gentil garçon bien trop lisse, un peu trop "zinzin" et qui aurait besoin de stopper rapidement le diabolo menthe…
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 26/10/2009