En ne reposant que sur trois acteurs un peu connus, un scénario qui sent le réchauffé et une réalisation qui cherche avant tout à être efficace, un film a de fortes probabilités d’être mauvais. Les probabilités ont souvent raison.
Prenons un sociopathe à l’accent à couper au couteau. Offrons-lui la possibilité de torturer un gentil couple de nantis pour des raisons obscures. Trouvons-lui une série de jeux pervers à faire effectuer aux malheureux élus. Qui pourrait le mieux rentrer dans le rôle qu’un Pierce Brosnan sur le retour qui refait sa prestation vue dans The Matador ?
Le chantage, c’est celui qui porte sur la vie de la fille de nos héros. Afin de lui éviter une fin horrible, les deux parents vont devoir se plier à la moindre exigence d’un maître du jeu qui sait où il va, mais qui finit par s’ennuyer en route. Si la réussite personnelle fait la beauté du concept du rêve américain, il faut croire que la convoitise est une contrepartie assez redoutable.
Pour le papa (le Gerard Butler de 300 sans barbe) et la maman (aperçue dans A History of Violence), le supplice va être long. À peu près aussi long que celui du spectateur, pris contre son gré dans ce récit de torture psychologique qui finit par tourner à vide malgré une tension qui est souvent bien présente.
On se demande à quel moment Butler va ressortir sa jupette en cuir et balancer le méchant par-dessus bord, mais il ne faut pas rêver, le réalisateur croit à son histoire et veut rester sérieux. Dommage pour nous qui écopons d’un téléfilm de deuxième partie de soirée sur TF1. La nudité en moins.
Entre les morales sur le matérialisme, la jalousie et le mensonge, le film s’embourbe dans sa construction qui rappelle un peu celle de The Game de David Fincher, en moins bien. En beaucoup moins bien.
Et que dire du twist final ? Oui, c’est vrai ça, qu’est ce qu’on peut dire de cette chose honteuse montée en épingle qui fera soupirer même le plus gentil d’entre vous. Pas grand-chose, hélas.
Vincent Valat
© Etat-critique.com - 02/01/2008