Le chagrin entre les fils marque le retour du célèbre lieutenant Leaphorn. Joe, qui s'embête toujours autant à la retraite, reçoit un matin un courrier d'un vieux collègue à lui...
Dans l'enveloppe, un article d'une revue de décoration, accompagnée d'une photo d'un intérieur de ranch, et une lettre qui commence par : "Salut Joe, ce ne serait pas la tapisserie dont tu n'arrêtais pas de me parler ? Et si oui, quelle conséquence cela peut-il avoir sur notre vieille affaire d'incendie criminel ?"
Visiblement la tapisserie est bien celle qu'on appelait "Le Chagrin tissé", ou "Le Chagrin entre les fils", une tapisserie unique, à la réputation d'être maudite, qui perpétue le souvenir des pires cruautés infligées aux Navajos. Comment peut-elle aujourd'hui être sur le mur d'un riche propriétaire, alors qu'elle est censée avoir brûlé dans un incendie criminel des années plutôt. Le lieutenant (du moins ex-lieutenant) Leaphorn va repartir en chasse…
"C'est une histoire longue et compliquée", comme l'avoue lui-même Joe Leaphorn, mais si elle lui paraît longue, elle paraît trop courte au lecteur tant le talent de Tony Hillerman se déploie tout au long de ces 250 pages qui filent bien trop vite. Centrée sur cette tapisserie et "Ceux-qui-changent-de-forme", cette dix-neuvième enquête indienne mêle une fois de plus avec habileté, enquête policière et tradition navajo. On y découvre un nouveau pan de la culture navajo, on y retrouve avec plaisir le lieutenant Leaphorn et on est, une fois de plus, admiratif du talent du vénérable Tony Hillerman.
Christophe Dupuis
© Etat-critique.com - 28/10/2007