Au soleil, Philippe Delerm est heureux. Les saisons traversent ses états d’âmes et ses souvenirs. Ses plaisirs minuscules prouvent qu’il est un type chaleureux mais un peu roublard !
Lorsque Philippe Delerm arrive à la Gare Saint Lazare, il se sent vivant. Cette gare a une place particulière dans son existence. Visiblement il aime l’arrivée sur Paris, bizarrement archaïque et très urbaine. Il apprécie aussi les destinations, le bord de mer et tous les détails qui font le fond de commerce de cet écrivain affectueux.
A 60 ans, il raconte tout et rien avec une gourmandise qui dépasse ses sujets sur les figues ou les cerises noires. Dans ces moments là, il n’est pas très convaincant. Comment ne pas rester dubitatif devant une phrase comme « la figue impose la sexualité du reproche ». Voilà voilà ! Ca, c’est dit.
On retiendra ce genre de propos malheureux pourtant l’écrivain sait décrire les petits riens qui forment un grand tout de bonheur et de joie. Saint Lazare est son point de départ à Paris pour expliquer la jouissance qui se cache dans la ville ou dans les jardins comme Les Buttes Chaumont ou le poussiéreux jardin du Luxembourg.
Il poursuit effectivement le soleil et toute la lumière que l’on peut apprécier à Paris mais à Venise, à la plage, chez un brocanteur, sur le territoire SNCF, dans un livre ou sur la route derrière un tracteur. Philippe Delerm se voit vieillir mais il jouit encore. Il observe tous les (petits) aspects lumineux de sa vie.
L'auteur avoue aimer les romanciers négatifs mais doit se résoudre à être un irréductible optimiste. Il voit son âge comme le printemps de sa vie. Il se fait parfois des montagnes autour d’un lavoir ou d’un rayon de soleil. Il agace à cause d’une niaiserie courtoise mais ses petits textes rendent aussi optimistes. Il est vrai que si vous n’avez rien à la lire à l’heure de prendre le train, ce nouveau recueil rendre votre trajet très agréable !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 03/03/2011