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Jeudi 23 Février 2012Musique
Le Trianon, Paris, 22 avril 2011
Anna CALVI
Les commentaires
roland
Le 23/04/2011
Et je n'oublie pas que c'est toi qui m'a fait découvrir cette artiste, mon PierO ! Reconnaissance éternelle ....
PierO
Le 23/04/2011
Si ca ce n'est pas de l'amour!
smilydave
Le 28/04/2011
Oh le bel article, je suis bien d'accord avec toi, elle m'aurait bien fait pleurer Anna tellement c'était beau! J'en parle moi-même ici : http://bit.ly/fT34hk et j'ai mis mes petites photos là :) http://bit.ly/hjZY4o
rabat-joie
Le 01/05/2011
désolé, mais je trouve que cette anna est une esbrouffe. Musicalement, je ne trouve rien de nouveau et de grisant. Scéniquement, elle dégage effectivement quelque chose mais qui, à mon avis, est clairement destiné aux hommes. J'adore les talons aiguille pour faire de la guitare électrique et le rouge à lèvre rouge. Sans parler des yeux charbonneux. Un cliché de blondasse. Je suis franchement navré que tous les journalistes tombent dans le panneau. Une musique fade mais probablement hormonale. Je ne suis pas une femme pour précision. Ce serait trop simple...
je n'aime pas Anna Calvi
Le 01/05/2011
Eh les mecs si vous aimez les blondes, écoutez plutôt Agnès OBEL. Plus de charme, moins d'agressivité et plus de talent. Mais tout cela reste très subjectif.
Et ta critique ?
Jouant avec un talent incroyable sur toutes les variations de la passion, Anna Calvi a offert à Paris un concert époustouflant, plein de sensualité, de musicalité et de classe. Inoubliable.
Le Trianon, adorable écrin de style rococo, est bourré à craquer, de l'orchestre aux deux balcons, d'un public...comment dirais-je...pas du tout connoté rock'n'roll... quasiment classique, classe active 25-65 ans bien élevée. Ce qui n'est pas une critique du tout ; juste pour vous situer l'atmosphère, somme toute agréable et détendue ... qui nous a permis l'audace d'aller nous planter juste au ras de la scène, tout devant avec les photographes, sans craindre à aucun moment de nous faire estropier.
Situation idéale, dans l'absolu : au ras de la scène, on voit tout; pour qui s'intéresse un peu à la technique et aux à côtés musicaux, on voit bien le matos, les types de pédales, les choix de branchements, les stigmates des guitares... même la couleur et la marque des médiators ! On sent les vibrations et les complicités entre musiciens. Et surtout, on bénéficie du son direct des amplis et des percussions, qu'on a face à soi au niveau des oreilles, ce qui est bien différent du son repris par la sono générale. Bref, on est quasiment sur scène. Et cette pitié malsaine qu'on a pour ceux qui se sont pointés à la dernière minute et se retrouvent debout tout au fond de la salle finit d'asseoir notre privilège...
Une première partie tout à fait dispensable. De l'attente. Le public qui s'impatiente dans de chaleureuses clameurs en forme de jouissifs préliminaires.
Et puis...
Sur un fond de ciel d'orage, timidement, le petit groupe s'installe. Silence. Et la splendide introduction à la Telecaster (définitivement la meilleure des guitares électriques), au son si caractéristique magnifié par un ampli Vox à lampes. Rouge, pour la petite histoire.
Envoûtement immédiat. La guitare et la fille ne font qu'un. Anna Calvi dégage une classe crâne et dompte l'instrument en un combat plein de nuances bouleversantes. Les cordes caressées susurrent puis, torturées avec hargne, hurlent, comme de douleur jouissive pour s'éteindre lentement après quelques soubresauts désespérés.
Le tout dans une ampleur mélodique saisissante.
Conquis d'emblée, le public verra s'enchaîner sans temps mort l'intégralité des morceaux de l'album, dans un ordre légèrement différent.
Anna Calvi est dans une forme éblouissante. Sa voix est extrêmement impressionnante, dans tous les registres. Sa maîtrise de la nuance est exceptionnelle de finesse. Des cris déchirants, presque effrayants et puis une douceur cristalline, et puis du silence, carrément. Le silence, partie intégrante de la partition. Respecté religieusement par 1400 spectateurs scotchés, à la botte de cette petite mignonne juchée sur ses talons, tout de noir vêtue, cheveux lissés en chignon, lèvres rouge sang, yeux bleus perçants.
Anna Calvi remercie timidement entre chaque morceau, puis attaque le suivant comme une gladiateuse entre dans l'arène, sa guitare en bouclier, une moue volontaire, presque agressive, pour se donner de la force, encouragée par ses deux musiciens (Mally Harpaz à l'harmonium, basse au pied et bruitages divers inspirés et Daniel Maiden Wood excellent à la batterie) qui lui offrent un piédestal d'une qualité exceptionnelle. Où elle n'hésite pas à se jucher pour des solos de guitare d'anthologie, yeux fermés, tête en arrière. Quel culot, quel courage !
L'émotion est omniprésente. Anna Calvi s'est recluse deux ans pour créer les morceaux de son album et travailler leur intensité. Il n'y a pas de secret. Leur force, déjà évidente sur le disque, prend sur scène une dimension bouleversante, mystérieuse, fantomatique et érotique à la fois. Car en plus, elle est belle la petite Anna ! Difficile de ne pas en tomber amoureux, à vrai dire...
Fin du set. Rappel. Deux nouveaux morceaux. Re-rappel.
- "Je n'ai plus d'autres morceaux; je travaille à un nouvel album" vient s'excuser la mignonne avant d'offrir une très belle reprise de
Joan of Arc de Leonard Cohen et de quitter discrètement la scène.
C'est fini. Personne ne veut y croire. Personne ne quitte la salle.
Mais malgré dix bonnes minutes de rappels désespérés, on ne reverra pas la belle et, les mains en feu, fourbu et tourneboulé, on ira s'enfiler quelques pintes au bar très cosy-sympa du Trianon -décidément une très belle salle parisienne, si ce n'est la plus belle - en espérant que la diva viendra y pointer son petit nez.
Eh bien non, elle ne viendra pas. Et on rentrera chez soi le coeur et l'âme gonflés de plein de choses indescriptibles...
Tout ce que je viens de vous raconter à ma façon, eh bien vous allez pouvoir le vivre quasiment en direct ci-dessous, comme si vous y étiez, grâce à Arte Live Web, qui l'a filmé de façon superbe.
Comme ça, vous n'aurez pas la possibilité de dire que j'exagère...