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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

Le Soliste

Le Soliste

Joe WRIGHT

Avec Jamie Foxx, Robert Downey Jr, Catherine Keener et Tom Hollander - Studiocanal - 23 décembre 2009 - 1h57

Et ta critique ?




D’après une histoire vraie. Voici la phrase qui justifie tous les mélos hollywoodiens. Sans l'excellent Robert Downey Jr et la réalisation de Joe Wright, Le soliste serait un beau ratage.


Jamie Foxx a déjà eu un Oscar. Un second lui plairait pas mal pour caler ses livres entre deux statuettes. Donc il y travaille avec des rôles où il peut en faire des tonnes. Nathaniel Ayers est un rôle en or pour un comédien à la recherche de reconnaissance.

En plus d’être un musicien hors pair, ce personnage est schizophrène et sans abri. Il a une belle casquette bien ridicule et une coupe de cheveux d’une autre époque. Il a la passion de la musique et cela lui offre une liberté ultime. Il balance des phrases comme Rain Man et révèle ce qu’il y a de plus doux en nous grâce à son art.

Jamie Foxx ne lésine pas sur les regards innocents et une démarche tout en petits pas. Le cabotinage est total et il fait tout ce que l’on ne voulait pas voir. Heureusement en face de lui, il y a robert Downey Jr, en phase de Alpacinisation et qui charpente son rôle d’un humour plein de dérision.

Il est le journaliste qui va aider le clochard à se transformer en virtuose reconnu. Cabossé par la drogue et la vie, le comédien est parfait en reporter casse cou, amoureux de son boulot et de sa ville.

Car au delà du mélo classique et franchement prévisible, Le soliste surprend par sa mise en scène aérienne. Joe Wright, réalisateur anglais de Orgueil et préjugés puis Reviens moi, compose de jolis plans sur la ville de Los angeles.

La ville devient un labyrinthe urbain avec de nombreux pièges et des endroits aussi inquiétants que fascinants. Comme le personnage de Ayers, il aspire à trouver tous les coins où l’on peut respirer dans cet enfer de modernisme, où les drogués et les clochards sont livrés à eux mêmes.

Ce décor kafkaïen, abstraction visuelle assez étonnante dans ce genre de biopic, fait toute la différence. Le soliste avait tout pour être un gros machin en guimauve (ce qui ne loupe pas dans les flashbacks). Finalement sa musique n’est pas si commerciale et plutôt joliment jouée.


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 30/12/2009