Avec Jamie Bell, Andy Serkis, Daniel Craig et Toby Jones - Paramount -
Et ta critique ?
Tintin est il soluble dans le tout numérique? Spielberg tente de trouver une bonne réponse...
Est ce un sacrilège de ripoliner la star de la bande dessinée avec pinceaux numériques? Tintin doit il rester ce personnage en deux dimensions à la ligne claire et épurée? Peut il être humaniser par un acteur?
Que vient faire le reporter sur un écran de cinéma? Steven Spielberg a du se poser quelques unes de ces questions depuis le temps qu'il rêve d'adapter l'oeuvre d'Hergé. Dans son cinéma, on a bien deviné des influences du dessinateur, dans les aventures d'Indiana Jones par exemple. Le même rythme, la simplicité et le plaisir!
C'est d'abord ce qu'il a tenté de numériser en réalisant à l'écran une adaptation de plusieurs bédés de Tintin dont le fameux Secret de la Licorne. Il ne peut pas respecter les cases d'Hergé, il décide donc, avec l'aide de Peter Jackson, de révolutionner les angles!
Avec la fameuse technique de Motion Capture, Spielberg donne un rythme haletant à son film. Les plans sont tortueux à souhait: la caméra se met en un seul plan à la place de Milou pour rebondir sur un plan large et atterrir dans les pieds du jeune héros, à la poursuite d'un trésor en compagnie de ce joyeux soulographe d'Haddock. C'est très impressionnant.
La narration est aussi fluide que virevoltante. Elle nous fait presque oublier la texture assez bizarre du procédé numérique. D'ailleurs malgré la technologie, on est surpris par les émotions très justes des personnages.
Spielberg réussit peut être son pari. Cependant quelque chose gène l'adhésion totale. Est ce peut être cette conception commerciale et trop technique de l'hommage à un glorieux souvenir d'enfance? Peut être est ce l'apparition des héros de nos premières lectures sur toutes les publicités ?
Steven Spielberg a peut être aspiré un peu trop Tintin dans le 21e Siècle!? L'oeuvre fastidieuse d'Hergé et l'univers riche du Belge à la houpette ne supportent pas le format d'un seul film (la fin est plus qu'ouverte, c'est un courant d'air). Le scénario roule un peu trop de mécanique pour plaire à un public international...
On pense aussi à cela devant cette tentative courage d'un film d'aventures retro dans l'esprit. Pas sûr que ce soit la volonté de Spielberg, sincère et intelligent!