Responsables d’un premier album prometteur, les Normands continuent de retaper leur Maison Tellier avec une forte dose de country et un vrai sens de la mélodie. Visite obligatoire !
Le premier album de cette fausse famille Tellier était une agréable surprise. Le second confirme tout le talent qui se cache dans cette bicoque facétieuse. Leur mélange de folk et de country se confondait idéalement dans le paysage d’un rock français plutôt morose, perdu entre boutons d’acné sauvage (BB Brunes) et lourd héritage de Noir Désir (Luke).
Empruntant à la culture américaine, la musique des Normands faisait penser à du Dominique A à la conquête du far west. Faux cowboys, les membres de la Maison Tellier étaient de vrais espoirs.
Si la pochette fait référence aux vieillards Crosby, Stills, Nash & Young, les membres se retrouvent pour une première chanson dans les vapeurs éthérés de l’adolescence et d’Amsterdam. Ils jouaient aux cowboys dans leur premier album, les frangins (et la frangine) continuent de décrire leurs plaisirs de jeunesse.
Un peu comme cette nouvelle génération de dessinateurs (Sfar, Larcenet etc.), le groupe a ce don de décrire idéalement le difficile passage à l’âge adulte à travers une créativité pleine de référence, d’espièglerie et de tendresse.
Les hommes de l’ouest souffrent avec une bonhomie salutaire et toujours cette passion pour ce son entre folk et country. Ils s’observent grandir et pour une fois, se regarder le nombril amène une belle générosité.
Les titres délivrent un spleen évident mais il y a une vraie énergie, intelligente et mélodique. Ce second souffle est une magnifique respiration dans un rock standardisé. Libre, il cite sans honte Gram Parsons ou fait penser à Will Oldham.
Décrivant, en anglais et en français, leurs difficultés, les musiciens de la maison Tellier ouvrent leur cœur et une musique mal utilisée en France. La maison est grande ouverte. La Normandie devient l’ouest sauvage en matière de musique. Comme dirait Kent, allons za la campagne et oublions Paris !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 21/08/2008