Une guitare suinte ses accords. Derrière le mur pourrait suggérer le grand ouest bluesy ou une banlieue chère à Renaud, période peau rouge des cités. Mais la voix n'est pas virile. Elle est féminine. Lisa Portelli se la joue cowboy pour son tout premier titre. On a l'espoir de ne pas tomber sur une nouvelle nymphette au charme diaphane !
Plutôt sèche, cette première chanson nous met dans de bonnes dispositions. Portelli est alors à l'aise pour chevaucher un super Animal K. Le talent de la jeune femme est de se laisser poursuivre par une guitare inspirée par le rock américain.
Ce n'est pas pour autant un garçon manqué. Les chiens dorment murmure une douce ballade. Lisa Portelli sait transporter son auditeur sur des chemins très aériens. La guitare une fois de plus se fait un compagnon idéal, au son clair et envoûtant.
Le titre qui donne son nom à l'album revient à un rock swingué. Puis elle grimpe ensuite sur L'échelle, bizarre son sorti d'un rêve et souligne la délicatesse dont la jeune femme est capable. Ce n'est pas Coeur de Pirate ou autre chanteuse sans nom de famille (Daphné, Babet etc.).
Lisa Portelli admire Dominique A ou Alain Bashung. Elle aime les sentiments aigres et les orchestrations minimales. La voie fluette ne minaude pas (trop). Sur le morceau Break, elle tente même une poésie. Pour un premier disque, elle fait preuve d'un gros caractère. Après le mur, puis l'échelle, elle continue à grimper, cette fois ci sur un arbre! Arbre en peine est une jolie démonstration de force.
Suivent, L'horizon, L'orage, Le tableau et Vaste vague, qui montrent que la jeune femme veut se faire une place dans le Monde. Elle n'a peur de rien. Elle affronte avec son sidekick électrique des ambiances et des styles différents. La chanson lui va bien mais le rock lui offre un moyen d'exprimer une plus belle énergie.
De chanson en chanson, elle grimpe à un niveau supérieur pour finir avec Dans l'air, morceau éthéré, singulier et formidable. Elle trouve à chaque morceau, une petite nouveauté à incruster sur ses compositions.
Ca plane pour elle !
Ca plane pour nous !