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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

Le Premier qui l'a dit

Le Premier qui l'a dit

Ferzan OZPETEK

Avec Riccardo Scamarcio, Nicole Grimaudo, Ilaria Occhini et Alessandro Preziosi - Pyramide - 21 juillet 2010 - 1h50

Et ta critique ?




Classique, cette comédie possède tout le charme italien qu'il faut pour être un moment exotique, estival et sympathique. Un moment de détente!


La morale de l’histoire ce sont les secrets de famille peuvent étouffer les individus. C’est aussi, on juge pour ne pas être jugé. Ou le machisme et l’hypocrisie, ce n’est pas très beau ! Le premier qu’il l’a dit enfonce des portes ouvertes pour dénoncer la situation des homosexuels dans les petites villes italiennes.

C’est à Lecce qu’un industriel découvre que son fils ainé est homosexuel. Ce dernier l’avoue à un diner de famille. Il grille la priorité à son petit frère, Tommaso, exilé à Rome où il rêve de devenir écrivain. Le père ne veut plus entendre parler de son aîné et base tous ses espoirs sur Tommaso, bien embêté d’être vu comme le successeur de son papa !

A la fin, tout rentrera dans l’ordre. Le père va évoluer tout comme les enfants. Le film de Ferzan Ozpotek parle de la difficulté d’être homosexuel dans un pays latin. Il fabrique un vaudeville assez prévisible mais pourtant, très sympathique.

Car la truculence italienne a du charme. Les personnages sont toujours élégants. Même le père, gros entrepreneur facilement détestable, séduit par ses certitudes de vieux notable et ses faiblesses de plus en plus évidentes. Le réalisateur a une infinie compassion pour toute cette famille.

La grand-mère cache de lourds secrets derrière sa tendresse. La mère et la tante affrontent les rumeurs avec un entrain spectaculaire. Et les enfants trinquent. Que faire d’un héritage que l’on refuse ? Les réactions sont différentes et l’homosexualité ne sert que de prétexte pour réflexion sur la famille italienne, taillée dans le silence et le faux semblant.

Le propos est âpre mais la comédie est classique. On se laisse avoir par ce clan qui se cogne à des réalités qu’elle voudrait cacher. Effectivement, c’est une comédie d’été : on ne se prend pas la tête et on ressort parfaitement détendu. Sans grande originalité, le film remplit sa mission.

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Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 26/07/2010