Avec Kad Merad, Valerie Lemercier, Sandrine Kiberlain et Maxime Godart - Wild bunch - 30 septembre 2009 - 1h30
Et ta critique ?
On s'excuse. On est en retard. Voilà notre chronique sur le Petit Nicolas. Tableau d'honneur ou bonnet d'âne?
Dans cette comédie de Laurent Tirard (sortie le 30 septembre), d’après l’œuvre de Goscinny et Sempé, les acteurs sont choisis en fonction d’archétypes humains, qu’ils incarnent sans forcer leur personnalité, ni, pour certains, leur talent.
Le père (le sympathique Kad Merad) attend une augmentation de son patron exploiteur (Daniel Prévost, désopilant). La mère au foyer (Valérie Lemercier, égale à elle-même) veut être moderne. La grande affaire pour les enfants, bien sûr, est l’école, où officie la gentille maîtresse (Sandrine Kiberlain, un peu absente).
On y retrouve le gros, le premier de la classe (forcément un peu traître), le riche, etc., et le Petit Nicolas (excellent Maxime Godart). Par opposition aux autres enfants, aux traits accusés, le Petit Nicolas représente, en quelque sorte, la Normalité en culotte courte, à l’œuvre dans une série d’images d’Epinal figurant la France des années 50.
Tout va bien pour lui, jusqu’au jour où des faits apparemment concordants l’amènent à penser que ses parents projettent de l’abandonner…
Les gags s’enchaînent dans un no adult’s land, situé quelque part entre la Guerre des Boutons et Amélie Poulain, jusqu’à un grand éclat de rire final. Visible par les « zenfants », les « zadultes », voire les adultes, déprimés ou non, le film a tout du bonbon, du genre fraise Tagada : rond, sucré, acidulé, drôle et gentiment démodé, éventuellement écœurant pour les âmes « sensibles » ou ceux qui auraient mangé des huîtres avant...
Il participe d’un mille-feuille psychologique et générationnel. C’est une fable pour enfants et adultes, d’après une œuvre écrite par des adultes sur la manière dont des enfants idéalisés auraient vu le monde et les adultes dans la France des années 50...
Fort heureusement, il ne se prend pas au sérieux et ne sombre pas complètement dans l’artificiel. Sa force comique, comme celle de l’œuvre originale, est indéniable. Normalement, on en sort de bonne humeur.