Un feuilleton radiophonique devient une bande dessinée et une passionnante lecture qui nous ramène il y a quelques décennies en arrière.
Oscar Moulinet a une petite houppette comme Tintin. Comme le célèbre journaliste belge, il travaille dans le milieu du journalisme: il est preneur de son à la Maison de la Radio. Sa petite amie fait la météo marine. Il a une vie rangée qui va être secouée par le meurtre de la cantatrice Christina Vogelgesand (tiens tiens, Tintin aussi avait une amie chanteuse) et très vite il va se retrouver au coeur d'une enquête plus que rocambolesque...
Une petite boite à musique en forme de canard serait la cause de tous les soucis qui vont s'abattre sur Oscar et sa compagne, Edith. Ils vont faire des découvertes étonnantes et des rencontres inquiétantes. D'une page à une autre, Oscar va se révéler habile détective.
D'une page à une autre, il pose les bonnes questions et surtout a les bonnes réponses face à des personnes malintentionnées. Avec lui, on poursuit un mystère bien étrange et très amusant puisqu'il se déroule dans l'univers de la maison de la radio.
Pour les amateurs de radio publique, c'est drôle car l'histoire met en scène de vrais animateurs de radio comme José Artur ou Jean Luc Hees. C'est la nature même du projet: en 1997, le dessinateur Tardi et le chroniqueur Michel Boujut imaginent l'aventure du Perroquet des Batignolles. Le feuilleton est diffusé sur France Inter.
La bédé est une adaptation et conserve ce même goût pour l'aventure d'antan où le héros sautillait de périples en déductions, comme tous ces héros franco belges du journal de Tintin ou Pilote. Le dessinateur Stanislas retrouve le style rétro sans faire vieillot. La mise en page est rythmée malgré des dialogues qui prennent beaucoup de place.
Cependant cela reste trépidant. Comme tout bonne vieille série de l'enfance de nos parents, le héros a un ami au nom rigolard (Patafoin), il y a des jeux de mots un peu foireux mais délicieux, il y a des courses poursuites pédestres, il y a une vision naïve mais pas si anecdotique que ca de la ville... il y a beaucoup de bonnes choses et un plaisir certain de ressusciter des sensations oubliées et des récits pas si vieillots que ca. Une lecture intergénérationnelle.