Le nombre 23 ne porte pas chance à Jim Carrey. Il est bon de se demander si ce n’est pas plutôt Joel Schumacher qui ne porterait pas la poisse aux projets qu’il choisit !
Joel Schumacher est une énigme du cinéma américain. Ce type là n’est pas foutu de faire un bon film. Depuis 25 ans, il pond avec une énergie certaine, des gros blockbusters assez nauséeux et des films dont la médiocrité devient presque un spectacle fascinant.
Si Génération Perdue gagne son titre de film cuculte des années 80, si Tigerland possède des qualités inédites chez le cinéaste, le reste de sa filmographie donne des vertiges : beaucoup de nanars et quelques films à peine regardables. Longtemps Schumacher restera comme le type qui a fait passer Batman de l’univers gothique de Tim Burton a une espèce de spectacle du Lido sous acide.
Bref Schumacher est assez régulier dans la petitesse. Ce que confirme Le Nombre 23 ! Comme d’habitude, le cinéaste s’est s’entouré d’un acteur compétent. Ici, c’est Jim Carrey. Il joue une partition difficile en interprétant un gars qui comprend que sa vie est régie par le nombre 23. Paranoïaque à souhait, le comédien s’en sort avec les honneurs.
Hélas, c’est la seule qualité de ce film qui se veut dans la lignée Shining et autres suspenses psychologiques et horrifiques. Le film s’apparente à une parodie. Déjà l’affiche prête à rire : Jim Carrey semble imiter les fantômes japonais aux cheveux gras que l’on voit depuis quelques années au cinéma.
Le reste est grossièrement écrit et filmé avec la légèreté d’une équipe de rugby défoncée à l’epo. Pire, la morale devient moralisatrice et, comme à son habitude, Joel Schumacher véhicule des idées assez douteuses sur la justice. On est très loin du très vilain 8 mm mais, à ce niveau, la fin est consternante.
Donc ce Nombre 23 vaut autant que la belle brochettes de navets concoctés par Joel Schumacher : proche de zéro !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 28/02/2007