Après sa forêt magique et son champ de bataille, on continue de visiter le Monde de Narnia. On prend sa bouée et ses palmes : on découvre cette fois ci le bord de mer !
Troisième film tiré de l’œuvre de CS Lewis, L’odyssée du passeur d’aurore n’est plus produit par Disney, déçu par les scores du second opus. C’est désormais Century Fox qui nous propose de voyage dans ce monde magique peuplé de créatures étranges et de jeunes rois photogéniques. Cela ne change pas grand chose. Les défauts et les qualités de la saga subsistent.
Destiné au public jeune, ce nouveau film nous réserve tout de même une belle surprise. Un monstre final assez impressionnant qui devrait nourrir quelques cauchemars. Le combat est épique et cela sauve largement les niaiseries de l’ensemble.
Car on croise à Narnia, un dragon capricieux (il s’agit d’un petit Anglais prétentieux transformé en bête ailé), une souris mousquetaire, un lion christique, un minotaure rigolard, des lutins à une jambe, des magiciens aux manuscrits en 3D (du 3D dans du 3D, une vraie mise en abime), des esclavagistes et de la fumée verte qui incarne le mal !
Des héros propulsés à Narnia, les plus jeunes ont eu le droit de revenir pour faire du bateau avec le Prince Caspian. Ce dernier part à la conquête des îles perdues et doit retrouver sept épées légendaires.
Le premier long métrage faisait dans l’heroic fantasy, lorgnant sur Le Seigneur des Anneaux (Tolkien et CS Lewis étaient amis). Le second ressemblait plus à un film de guerre. Ce troisième épisode rappelle un peu les vieux films de pirates ou le cultissime Jason et les Argonautes.
Tout est sacrifié pour les enfants. Ca ne fait pas trop peur. C’est tout coloré (on n’est pas loin de la laideur graphique d’Alice au pays des Merveilles de Tim Burton). Le scénario est bien linéaire (voir répétitif) pour que l’on ne se foule pas les neurones.
Heureusement, ce vieux briscard de Michael Apted (Le monde ne suffit pas) est professionnel et assure le spectacle, avec une ouverture expédié et soutenant un rythme qui s'oppose à la fainéantise du scénario. Les plus grands se rappelleront de quelques souvenirs de pirates. Les plus jeunes s’émerveilleront devant les bestioles croisées. Jusqu’au monstre! Véritable pied de nez (inconscient ou pas) à l’ingénuité que ce genre de film veut défendre.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 13/12/2010