Avec Colin Firth, Geoffrey Rush, Helena Bonham Carter et Derek Jacobi – Wild Bunch – 2 février 2011 – 1h58
Et ta critique ?
Le savoir faire british au service d’une histoire méconnue et parfaitement incarnée!
Film historique, Le discours du roi assure. L’entre deux guerres en Angleterre est magnifiquement reconstitué. Le travail sur les décors, la rigueur des costumes, les paysages lointains, le moindre détail a été pensé et travaillé. C’est parfait.
Film anglais, Le discours du roi réserve des dialogues d’une drôlerie raffinée. Cela relève de l’anecdote au début. L’histoire vraie d’un roi bègue, bien embêté par son handicap lorsqu’il accède au trône après le refus de son frère de prendre la tête du pays. George VI est un homme fragile, trompé par sa voix et apeuré lorsqu’il faut prendre la parole.
On vient d’inventer la radio. Le piège est tendu pour cet homme qui ne voulait pas tant des responsabilités d’un pays qui fonce droit vers la Seconde Guerre Mondiale. Il fait donc appel à un excentrique orthophoniste venu d’Australie.
Sa manière de fonctionner n’est pas compatible avec le protocole royal. Le problème du roi n’est pas compatible avec sa fonction. Les deux hommes vont donc s’amadouer et se lier d’amitié… On se plait rapidement à écouter ces deux hommes très opposés.
Le langage devient l’enjeu du récit. Colin Firth et Geoffrey Rush se taquinent verbalement durant deux heures. Le premier est rigide jusqu’à l’étouffement et la frustration. Le second est faussement fielleux et ne manque pas de mordant. Les échanges entre les deux hommes sont un vrai bonheur.
Film historique et britannique, Le discours du roi est d’une élégance attendue mais très agréable. C’est le vieil académisme outre Manche. Aidé par des dialogues habiles, on est ravi de remonter dans le temps, découvrir ce roi peu avantagé.
Il n’y a pas grand-chose à dire de ce genre de spectacle. Puisque tout est à voir. Le film réussit à nous passionner par son savoir faire. Le reste du casting est soigné. La musique est sublime.
La réalisation de Tom Hooper est d’une intelligence évidente. Il a l’art de filmer George VI toujours en décalé. C’est du bel ouvrage. Les esprits chagrins trouveront cela ennuyeux. Mais avec les Anglais, l’ennui (existentiel) est poli, classieux et finalement très divertissant !