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Jeudi 24 Mai 2012Cinéma

Le Déclin de l'empire américain

Le Déclin de l'empire américain

Denys ARCAND

Avec Dorothée Berryman, Louise Portal, Geneviève Rioux et Rémy Girard - 1986 - UGC

Et ta critique ?




Les années 80 correspondent aux années sida. Ce qui a donné l'idée à un Canadien de s'intéresser ouvertement au sexe. Salutaire et drole.


QU'EST-CE QUI FAIT TOURNER LE MONDE ? A cette question philosophique, un groupe d’intellectuels canadiens répond unanimement : le sexe.

Voici donc évoqué le sujet principal de ce film qui tantôt vous perdra dans des diatribes tantôt vous fera rire aux éclats par ses bons mots. Une fois n’est pas coutume (surtout pour un film des années 1980), les femmes se détendent dans un complexe sportif et les hommes sont aux fourneaux pour préparer le déjeuner.

Bons vivants, les hommes narrent leurs aventures sexuelles en essayant d’analyser leurs rapports avec le sexe opposé. Le pourquoi du comment ? A la recherche de ce qui leur donne ce besoin insatiable « de baiser » qui guide la majorité de leurs actes.

Côté féminin, on n’est pas en reste et tout y passe, les expériences homosexuelles, la masturbation, jusqu’au palmarès des meilleurs amants.

Le déclin de la civilisation ? De toutes ces discussions, on ne peut tirer qu’une conclusion : la révolution sexuelle a bien eu lieu mais maintenant que peut-on faire de plus ?

Question épineuse dont Denys Arcand se fait l’auteur à travers ce film, Le déclin de l’empire américain nous permet tous de nous interroger sur notre devenir : à toujours en vouloir plus (surtout en amour) ne perd-on pas le sens des choses ?

La force de ce film réside dans sa construction, basé uniquement sur l’enchaînement de dialogues, on est très vite pris dans un tourbillon, un flot de mots jusqu’à parfois en perdre le fil. On est parfois choqué par des propos crus, tristes, amusés, on peut parfois s’identifier aux personnages, les aimer, les détester mais une chose est sûre, ce film ne laisse pas indifférent. Son souvenir reste et même une suite largement à la hauteur de son ainé ne peut faire oublier ce drôle de traité!


Caroline Ribière

© Etat-critique.com - 09/12/2010