Avec Serge Riaboukine, Valérie Stroh, Hubert benhamdine et Nathalie Boutefeu Diaphana - 1h36
Et ta critique ?
Le Chignon d’Olga est le premier film de Jerome Bonnell et parle de choses essentielles, les montre, avec délicatesse et retenue.
Le sujet est simple : quelque temps après la mort de leur mère, un frère et une sœur de vingt ans passent leurs vacances dans la maison familiale, qui se trouve dans la Beauce.
Julien, le garçon, tombe amoureux d’une jeune femme qui travaille dans une librairie et qui coiffe ses cheveux en chignon. Elle s’appelle, vous l’aurez deviné, Olga. Ce film traite donc en même temps du deuil d’un proche et de tout ce qui concerne le travail nécessaire du deuil, en quoi nos vies s’en trouvent affectées. Il traite également du désir amoureux qu’il soit adulte ou adolescent.
Évidemment, si votre film préféré est celui où la femme de Stallone se fait poignarder et éventrer avant que celui-ci ne pète la gueule et les rotules des dix salopards qui ont fait ça, je doute que vous appréciez Le chignon d’Olga.
C’est un film au rythme tranquille, qui prend le temps d’installer les lieux, les caractères. On entre dedans peu à peu. Ce sont les choses qui y sont dites et la manière pleine de tact de les montrer qui entraînent notre adhésion.
J’ai beaucoup aimé l’amie un peu plus âgée de Julien, Alice interprétée par Nathalie Boutefeu. Elle est, pour paraphraser un titre de Truffaut, la fille d’à côté, celle qui a des amours galères dont il faut la consoler. L’actrice est pétillante, originale et les rapports qui l’unissent à Julien sont bien rendus dans leur évolution.
Du reste, la qualité de jeu des acteurs, la manière dont ils incarnent leurs personnages, est rare dans le cinéma français. Aucun "sur-jeu", plutôt un souci de véracité. Serge Riaboukine, Valérie Stroh… Vous connaissez leurs visages, vous les reconnaîtrez.
L’acteur principal qui interprète Julien (Hubert Benhamdine) fait formidablement passer les doutes et les rêves qui l’habitent. Il est pianiste, sans doute doué, mais depuis la mort de sa mère, il ne joue plus. Encore une fois, rien de lourd, rien qui ne pèse ou ne pose. En fait, plus j’y pense, plus ce film a une petite musique. Et les petites musiques valent toujours mieux que les gros puddings pleins de crème Chantilly.
À film modeste, sortie modeste. Pour trouver le dvd, il faudra faire preuve aussi de modestie!