Avec les voix de Hafsia Herzi, Maurice Benichou, Francois Morel et Jean Pierre Kalfon - UGC - 1 juin 2011 - 1h32
Et ta critique ?
Il est facile de s'emballer pour le Chat du rabbin mais ne parlez pas de la fin! Ca gache tout le plaisir.
La voix de François Morel va très bien au chat inventé par Joann Sfar. L'ancien Deschien y va de ses petites remarques percutantes et pourtant futiles. Le comédien donne une saveur juste et irrésistible aux points de vue du félin.
Capricieux, malicieux et heureux, ce chat prend la parole pour couper celle d'un rabbin un peu trop bavard et pour déclarer sa flamme à sa maîtresse, la sensuelle fille du rabbin.
Il bavarde et remet en cause tout ce qu'il a entendu dans sa vie de chat. Il s'intéresse donc à la religion avec son maître et entraîne ce dernier dans une aventure qui vont les faire voyager jusqu'en Ethiopie, Jérusalem des juifs noirs!
Entre temps, le chat et le rabbin vont rencontrer des personnages bizarres comme un imam joyeux, un russe enfermé dans une boite, un autre russe ivre en permanence et toutes sortes de religieux plous ou moins ouverts d'esprit.
Car le chat gratte là où ca fait mal. Sfar et le réalisateur Antoine Delesvaux défendent un discours de tolérance et d'ouverture. Ce n'est pas très originale mais ce n'est pas désagréable à entendre, dans des moments où les politiques tiennent des propos qui ne vont pas dans le sens de la fraternité. L'art, ca sert à cela. Ca fait du bien quand c'est une oeuvre en apparence légère qui remet les choses à leur place!
C'est une oeuvre politique qui s'ignore. Sfat s'y connait en matière de récit pour offrir un divertissement surprenant et surtout élégant.
C'est donc un film inattaquable dans le fond. La forme réussit aussi à charmer avec ses plaisirs d'orient et ses couleurs chatoyantes. Les personnages sont croqués avec gourmandise. Les femmes sont voluptueuses. Les hommes deviennent des clowns burlesques en se prenant (trop) au sérieux. L'animation française possède un charme indéniable depuis Les triplettes de Belleville. Une école française s'impose!
Alors, on a le droit de se mettre en colère contre un final complètement loupé. On se love dans cette belle histoire chaleureuse et on se fait chasser par une histoire finalement baclée. Les dernières minutes ne mènent nulle part. On se demande ce qu' il s'est passé. Panne d'inspiration ou budget un peu court en fin de production?
Bref, le dessin animé se termine dans une drôle d'ambiance. On est bien énervé contre les auteurs, incapables de maîtriser l'adaptation de la bande dessinée. Sfar déçoit. Pourtant Le chat du rabbin reste un souvenir fantasque et ardent.